Origine et histoire du Château de Vaujours
Le château de Vaujours, aussi nommé Vaujoyeux ou Val-Joyeux, est une forteresse angevine édifiée entre les XIIe et XVe siècles. Situé à 3 km au sud de Château-la-Vallière (Indre-et-Loire), il appartenait à la seigneurie de Chasteaux, futur Château-la-Vallière, et marquait la limite orientale du Haut-Anjou, en Touraine angevine. Son architecture militaire typique inclut un donjon, une double enceinte avec pont-levis, des tours cylindriques, et des douves alimentées par un étang, aujourd’hui asséchées. Le site, propriété privée, se visite partiellement et conserve des ruines dégagées, dont une chapelle du XVe siècle et des vestiges de logis.
La construction est attribuée à Hugues VI d’Alluye ou à Rotrou de Montfort vers 1250. Le fief, dépendant de la sénéchaussée de Baugé, passe entre les mains des familles d’Alluye, Rotrou de Montfort, puis des Parthenay-L’Archevêque avant d’être aliéné aux Trousseau et aux Bueil au XIVe siècle. Jean V de Bueil (1405–1478), amiral de France et comte de Sancerre, y renforce les défenses au XVe siècle, rendant la forteresse réputée imprenable. Le château résiste aux Anglais pendant la guerre de Cent Ans et accueille Louis XI en 1469, 1470 et 1471, lors de ses séjours en Anjou.
En 1667, Louis XIV offre le domaine à sa favorite Louise de La Vallière, qui en devient duchesse. Le site, transformé en duché-pairie, passe ensuite à sa fille Marie-Anne de Bourbon, puis à la famille La Baume Le Blanc. Délaissé au XVIIIe siècle, il est vendu en 1815 à Thomas Stanhope-Holland, qui l’utilise comme carrière de pierres. Classé Monument Historique en 1989 (après une première protection en 1944), le château bénéficie de restaurations par des chantiers médiévaux en 1986. Ses ruines, entourées de pelouses, témoignent encore de son passé stratégique entre Anjou et Touraine.
L’histoire du château est marquée par des figures comme Hugues VI d’Alluye, Jean V de Bueil – surnommé le Fléau des Anglais –, ou Louise de La Vallière, maîtresse royale devenue religieuse. Les Bueil, comtes de Sancerre, y reçoivent la cour de France, tandis que les douves et le système défensif illustrent l’adaptation aux conflits médiévaux. Aujourd’hui, le site allie patrimoine architectural et mémoire des luttes féodales, entre héritage angevin et influence tourangelle.
Architecturalement, Vaujours combine deux forteresses : une baille à l’ouest et le château proprement dit à l’est, reliés par des ouvrages défensifs. Le donjon cylindrique, les tours à bossages, et les vestiges de la chapelle du XVe siècle soulignent son évolution entre Moyen Âge et Renaissance. Les douves, bien que comblées, rappellent son rôle de Wasserburg (château sur étang), tandis que les enduits peints et crépis, mentionnés par Nicolas Mengus, évoquent un décor aujourd’hui disparu. Le domaine, toujours privé, perpétue ce legs à travers des visites guidées.