Origine et histoire du Château de Vaux
Le château de Vaux, parfois nommé château de Vaux en Champagne, est situé à Fouchères dans l'Aube, à proximité du parc naturel régional de la forêt d'Orient et à 20 km de Troyes. Bâti en pierre de taille blanche de Tonnerre, il comprend un étage sur rez-de-chaussée et soubassement, surmonté de combles à la Mansart à coyau prononcé, ponctués de lucarnes cintrées et d'œils-de-bœuf. Les façades, tant côté cour d'honneur que côté parc, présentent un avant-corps central et deux avant-corps latéraux en saillie. Côté cour d'honneur, l'avant-corps central, composé de trois pans dont deux cintrés, est surmonté d'une balustrade en pierre à décor d'anneaux entrelacés qui prolonge le fronton triangulaire orné des armoiries de Maupas et de son épouse, encadrées d'une draperie en baldaquin et soutenues par deux licornes en haut-relief faisant référence à Thibault de Champagne. Aux angles de la balustrade se trouvent des bas-reliefs représentant des trophées de chasse; le fronton est flanqué de putti et les clés des arcs du rez-de-chaussée sont richement sculptées, avec au-dessus de la porte centrale un masque acrotère figurant une tête d'homme barbu coiffée de la dépouille d'un lion, probablement Héraclès, encadrée par deux têtes de femme aux attributs distinctifs. Côté parc, l'avant-corps central rectiligne, précédé d'un escalier, présente trois arcades en plein-cintre dont les clés sont ornées d'une tête d'homme au centre et de têtes de femme sur les côtés; la balustrade sommitale est flanquée de vases décorés de têtes de bélier. Les façades latérales comportent deux rangées de trois fenêtres. L'intérieur conserve des éléments remarquables tels que boiseries, cheminées en marbre surmontées de trumeaux, parquets à la Versailles et tomettes.
Jean II d'Aubeterre, qui acheta les seigneuries de Fouchères et de Vaux à la fin du XVIe siècle, est l'ancêtre mentionné des propriétaires postérieurs. Dans les années 1630 une maison seigneuriale fermée de murailles et de fossés est attestée à Vaux; un acte de 1680 signale son mauvais état et un acte de 1693 décrit la demeure et ses dépendances lors du décès de Jean-Baptiste. Jacques d'Aubeterre hérite du domaine, obtient l'érection en comté de la terre de Vaux et, après un incendie qui n'épargne que la chapelle, décide la reconstruction confiée à l'architecte Germain Boffrand, élève de Jules Hardouin-Mansart. Selon une tradition rapportée dans le journal La Croix de Fouchères, la reconstruction aurait coûté un million de livres et mobilisé soixante-dix mulets pour transporter les pierres de Tonnerre. Les travaux excèdent les ressources du maître d'ouvrage et, après sa mort, ses créanciers imposent un bail judiciaire; son fils Jean-Jacques, souvent absent, cède vers 1750 le domaine à son beau-frère Claude-Joseph de La Rue, qui achève les travaux. En 1760 le château est vendu à la famille de Rémond de Montmort; la propriété est saisie après la mort d'un membre de cette famille et revient finalement à la petite-fille Adélaïde Mony. Charlemagne-Émile de Maupas achète Vaux en 1855, entreprend d'importants travaux de rénovation sans modifier sensiblement l'architecture et c'est au château que sa fille Marguerite se marie en 1871. Après la mort de Maupas, la propriété passe à sa fille Marguerite puis reste indivise entre les familles Vyau de Baudreuil de Fontenay et de Ponton d'Amécourt jusque dans les années 1970, période pendant laquelle l'entretien se relâche. La famille Vallery-Radot acquiert ensuite le domaine et installe un institut médico-éducatif pour jeunes filles dans les dépendances. Depuis 2015, Édouard Guyot a racheté le château, l'a ouvert à la visite et mène sa rénovation avec l'aide des visiteurs, après plus de quatre-vingts ans d'abandon progressif. Le 21 juillet 2024, le château a subi un vol en pleine journée : un cartel d'époque Louis XV et une paire de candélabres dorés Napoléon III marqués du M et de la couronne des Maupas ont été dérobés; un baromètre Louis XVI a été retrouvé dans le hall et un appel à témoins a été lancé sans succès à ce jour.
Les façades et toitures du château, l'escalier avec sa rampe en fer forgé et les grilles d'entrée sont classés au titre des monuments historiques depuis 1980; les façades et toitures des communs, le pigeonnier et l'allée d'accès sont inscrits la même année. Depuis 2020, la protection a été étendue à l'avenue du château, au pont, à la maison du gardien, à l'abreuvoir et au potager. Une toiture provisoire en tôle, posée dans les années 1990, a été remplacée dans le cadre des travaux de restauration menés par Édouard Guyot entre 2019 et 2023.