Origine et histoire du Château de Veauce
Le château de Veauce est un château fort dont les origines remontent au XIe siècle, construit sur un promontoire rocheux à Veauce, dans le département de l’Allier. Initialement conçu comme une forteresse médiévale, il fut largement remanié aux XIIIe, XVe, XVIIIe et XIXe siècles. Ses cinq tours, dont une tour carrée du XIe siècle et une tour de guet du XIIIe siècle culminant à 45 mètres, illustrent son évolution architecturale. Le donjon, surnommé « la tour mal-coiffée » en raison de son crénelage incomplet, fut surélevé vers 1850, tout comme la tour de l’horloge, ancienne tour de garde féodale.
Au Moyen Âge, le château appartenait aux sires de Veauce, puis aux Bourbon au XIIe siècle. En 1400, la seigneurie fut érigée en baronnie par Louis II de Bourbon au profit de Robert Dauphin. Après la mort du connétable Charles III de Bourbon en 1527, le domaine revint à la couronne. Entre 1700 et 1970, il passa entre les mains de familles nobles comme les Chauvigny de Blot, les Cadier de Veauce, ou encore le baron Charles de Cadier de Veauce, député de l’Allier (1852-1870), qui entreprit d’importantes rénovations entre 1841 et 1846, lui donnant son aspect actuel.
Le château est aussi célèbre pour sa légende du « fantôme de Lucie », une jeune domestique morte emprisonnée dans la tour de l’Horloge au XVIe siècle. Cette histoire, popularisée au XXe siècle par le propriétaire Ephraïm Tagori et une émission de France Inter en 1984, attire les amateurs de paranormal. En 2006, un effondrement partiel du donjon accéléra sa dégradation, avant son rachat en 2002 par Elisabeth Mincer. Depuis 2015, le fonds de dotation Universum (ex-Calligramme) œuvre à sa restauration et à sa transformation en centre culturel accessible.
Classé monument historique en 1985 pour ses façades, toitures et enceinte, le château inclut aussi des dépendances protégées depuis 2011, comme le manoir des Noix ou le haras. Son architecture mêle éléments défensifs médiévaux (meurtrières, chemin de ronde couvert) et ajouts du XIXe siècle, tels que la porterie ou la terrasse extérieure. La pierre de Charroux, utilisée pour la tour de guet, et les fossiles visibles dans ses murs rappellent son ancrage géologique unique.
Les jardins, situés au sud et à l’est, contrastent avec la forêt des Colettes à l’ouest. Le village de Veauce, au nord-est, complète ce cadre pittoresque. Malgré les dégâts subis (végétation envahissante dans le donjon, effondrements), le site reste un témoignage marquant de l’histoire féodale et des transformations aristocratiques du Second Empire.