Frise chronologique
1240
Établissement de la seigneurie
Établissement de la seigneurie
1240 (≈ 1240)
Fief donné à Simon de Villers-Saint-Paul.
1575
Vente au baron de Gesvres
Vente au baron de Gesvres
1575 (≈ 1575)
Changement de propriétaire après 3 siècles.
1586
Acquisition par les Laubespine
Acquisition par les Laubespine
1586 (≈ 1586)
Début des transformations du domaine.
1725
Achèvement du château actuel
Achèvement du château actuel
1725 (≈ 1725)
Construction sous Étienne-Louis de Beaucourt.
XVIIe siècle
Transformation en marquisat
Transformation en marquisat
XVIIe siècle (≈ 1750)
Claude de l’Aubespine fidèle au roi.
1884
Vente à M. Baudrier
Vente à M. Baudrier
1884 (≈ 1884)
Passage à un propriétaire banquier parisien.
1914-1918
Hôpital de campagne
Hôpital de campagne
1914-1918 (≈ 1916)
Utilisation pendant la Première Guerre mondiale.
1939-1945
Occupation allemande
Occupation allemande
1939-1945 (≈ 1942)
Château réquisitionné durant la Seconde Guerre.
17 avril 1984
Classement monument historique
Classement monument historique
17 avril 1984 (≈ 1984)
Protection officielle du château et dépendances.
2008
Dernières inscriptions MH
Dernières inscriptions MH
2008 (≈ 2008)
Protection des communs et du parc.
7 mars 2008
Nouvelle inscription partielle
Nouvelle inscription partielle
7 mars 2008 (≈ 2008)
Extension de la protection patrimoniale.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le pont d'accès sur les douves ; l'escalier à double révolution et le perron ; les façades et toitures du château, des anciennes écuries et de l'ancienne laiterie ; l'escalier principal du château avec sa rampe en fer forgé ; le colombier octogonal, en totalité ; le pédiluve ; la glacière ; les pièces suivantes du château avec leur décor : au rez-de-chaussée, la salle à manger, le grand salon, la chambre à alcôve (petit salon) , la bibliothèque et la chambre ouest ; au premier étage, la chambre avec cheminée à trumeau rocaille, les deux chambres dans le pavillon central, la chambre de la tour est et la chambre au-dessus de la bilbiothèque ; au deuxième étage, la chambre mitoyenne de la tour ouest (cad. B 116, 131, 134, 136, 146) : classement par arrêté du 17 avril 1984 - Les façades et toitures de la grange et de l'ancien théâtre avec son décor et les restes de la machinerie (cad. B 135) : inscription par arrêté du 17 avril 1984 - Le parc et jardin, y compris les murs de clôture, le réseau hydraulique, le lavoir et le saut-de-loup (excepté la parcelle D 356 de la commune du Rosoy) , ainsi que le bâtiment appelé "La Tour", vestiges des anciens communs du château, situé à l'ouest de la propriété (cad. Verderonne B 112, 113, 127, 154 ; Le Rosoy D 363 à 366) : inscription par arrêté du 24 février 2004 - L'extrémité nord-est du parc et jardin, limitée par son ancienne clôture et son entrée prestigieuse primitive (cad. Le Rosoy D 356) : inscription par arrêté du 20 décembre 2005 - En totalité, les éléments non encore protégés des communs du château, à savoir les berges de l'ancien bassin du château, côté communs, l'accès pavé des communs, son mur demi-circulaire percé de deux portes charretières et une piétonne, la cour des communs, ainsi que le jardin et sa serre du XIXe siècle (cad. B 16, 118, 133, 134, 136 à 139, 149, 150, 152, 153) : inscription par arrêté du 7 mars 2008
Personnages clés
| Simon de Villers-Saint-Paul - Chevalier et premier seigneur |
Fondateur de la seigneurie en 1240. |
| Claude de l’Aubespine - Marquis de Verderonne |
Obtient l’érection en marquisat après la Fronde. |
| Étienne-Louis marquis de Beaucourt - Commanditaire du château actuel |
Achève la construction en 1725. |
| Comte d’Andlau - Propriétaire au XVIIIe siècle |
Modifie le domaine avant revente. |
| M. Baudrier - Banquier et acquéreur |
Propriétaire à partir de 1884. |
| Alphonse III de Portugal - Donateur du fief |
Accorde Verderonne avec Mathilde de Dammartin. |
| Général d’Andlau - Sénateur et dernier noble propriétaire |
Vend le château en 1884 à un banquier. |
Origine et histoire
Le château de Verderonne, situé dans l’Oise en région Hauts-de-France, trouve ses origines au XIIIe siècle avec la construction d’un château fort dont subsistent deux tours rondes. La seigneurie, établie en 1240 par Simon de Villers-Saint-Paul, passe entre les mains de plusieurs familles nobles, dont les Gesvres et les Laubespine. En 1725, le marquis Étienne-Louis de Beaucourt achève la construction d’un nouveau château, qui sera modifié par les comtes d’Andlau au XVIIIe siècle.
Le domaine, marqué par des transformations successives, devient un lieu stratégique lors des deux guerres mondiales : il sert d’hôpital de campagne en 1914-1918 et est occupé par l’armée allemande en 1939-1945. Acquis en 1884 par le banquier M. Baudrier, le château est laissé à l’abandon avant d’être restauré récemment. Son architecture, typique du XIXe siècle, inclut un toit à la Mansart, un perron à double révolution et des ailes en retour d’équerre.
Le parc, aménagé en jardin anglais, abrite des éléments patrimoniaux remarquables comme une serre hollandaise du XIXe siècle, un colombier octogonal, un théâtre avec sa machinerie, et un réseau hydraulique alimenté par le ruisseau Rhony, né dans le parc. Plusieurs bâtiments, dont les anciennes écuries et une glacière, sont protégés au titre des monuments historiques depuis 1984 et 2008. Aujourd’hui, le château est transformé en site hôtelier pour séminaires et réceptions.
La localisation du domaine, à 50 km au nord de Paris, près des marais de Sacy-le-Grand (classés Natura 2000), en fait un lieu à la fois isolé et connecté aux axes historiques de la région. Les protections successives (classements et inscriptions) soulignent son importance patrimoniale, couvrant aussi bien les façades que les intérieurs richement décorés, comme la bibliothèque ou les salons du rez-de-chaussée.
L’histoire du château reflète les bouleversements politiques et sociaux de la France, depuis la Fronde jusqu’aux conflits mondiaux. Son évolution architecturale, des fondations médiévales aux ajouts du XIXe siècle, illustre les goûts et besoins des élites locales à travers les siècles. Les restaurations récentes visent à préserver ce témoignage multiséculaire, tout en l’adaptant à des usages contemporains.
Le domaine s’étend sur Verderonne et partiellement sur Rosoy, avec une entrée historique depuis la place des Tilleuls. Son isolement relatif, renforcé par une allée sinueuse et une île sur l’étang, en fait un lieu mystérieux, où se mêlent nature et patrimoine bâti. Les vestiges des communs, comme le pédiluve pour chevaux ou le lavoir, rappellent son passé agricole et seigneurial.