Origine et histoire du Château de Versas
Le château de Versas, situé à Sanilhac en Ardèche, est un édifice dont la construction remonte probablement au XVIe siècle. Il se compose de deux ailes encadrant une tour octogonale classée monument historique, et d’une façade Renaissance surplombant la vallée. Des travaux majeurs furent réalisés entre 1594 et 1603 par Françoise de Bernard, dame de Versas, et son époux Noë de Lamartinière, qui y apporta des modifications architecturales significatives avant sa mort en 1603.
La seigneurie de Versas fut détenue par plusieurs familles nobles, dont les Montbrison, fidèles à la religion protestante. Dès 1301, Audiber Ier de Montbrison est mentionné comme premier seigneur connu. La lignée se poursuit avec des alliances matrimoniales complexes, comme celle de Louise de Montbrison, qui épousa successivement Laurent de Rochesaulve et Victor Bermond de Combas. Leur fils, Tristan de Combas, mourut sans descendance, laissant les biens à sa sœur Michelle, mariée à Dominique de Bernard de Saint-Esprit.
Au XVIIe siècle, le château fut le théâtre de tensions familiales, notamment entre Jacques de Bernard et son fils aîné, menant à un partage des biens. Jacques, après s’être retiré aux Deux-Aygues, mourut en 1675 à Vallon. La propriété passa ensuite à sa petite-fille Jeudy de Tardivon, qui la céda en 1705 à François Denis Auguste Grimoard de Beauvoir du Roure. En 1901, l’historien Albin Mazon note que le château appartenait alors à un pasteur protestant, Sugier des Vans.
Le château inclut également un colombier du XIXe siècle, ajout tardif à l’ensemble architectural. La tour octogonale, élément le plus remarquable, fut classée par arrêté du 31 mai 1927. Aujourd’hui propriété privée, le château s’ouvre au public lors des Journées du Patrimoine, offrant un témoignage de l’histoire protestante et seigneuriale ardéchoise.
Les archives mentionnent aussi des épisodes violents liés aux guerres de Religion, comme le sac du couvent des Cordeliers de Largentière en 1562 par M. Combas de Versas et son fils, illustrant les divisions religieuses de l’époque. La famille de Bernard de Montbrison, majoritairement protestante, conserva la seigneurie jusqu’à son extinction, marquant durablement l’identité du lieu.