Frise chronologique
1132
Don à l’abbaye de Sylvanès
Don à l’abbaye de Sylvanès
1132 (≈ 1132)
Guillaume Bernard de Versols cède son fief avant Jérusalem.
1256–1277
Acquisition par les Roquefeuil
Acquisition par les Roquefeuil
1256–1277 (≈ 1267)
Guilhem de Roquefeuil unifie la seigneurie de Versols.
1275
Fondation des Roquefeuil-Versols
Fondation des Roquefeuil-Versols
1275 (≈ 1275)
Jean Ier de Roquefeuil reçoit l’hommage des habitants.
1360–1370
Renforcement défensif
Renforcement défensif
1360–1370 (≈ 1365)
Ajout de tours et poterne pendant la Guerre de Cent Ans.
XVe–XVIe siècles
Construction du logis actuel
Construction du logis actuel
XVe–XVIe siècles (≈ 1650)
Architecture principale du château édifiée.
1716
Mariage d’Élisabeth de Roquefeuil
Mariage d’Élisabeth de Roquefeuil
1716 (≈ 1716)
Union avec Jean-Casimir d’Izarn de Freissinet de Valady.
1964
Début de la restauration
Début de la restauration
1964 (≈ 1964)
Rachat et travaux par André de Roquefeuil.
1988
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1988 (≈ 1988)
Protection des façades, toitures et *tinel* gothique.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures ainsi que le Tinel gothique avec sa cheminée et ses vestiges de peintures murales (cad. AL 165 à 168, 173, 176 à 179) : inscription par arrêté du 6 juin 1988
Personnages clés
| Guillaume Bernard de Versols - Seigneur et donateur |
Cède le fief à Sylvanès en 1132. |
| Guilhem (Guillaume) de Roquefeuil - Seigneur acquéreur |
Unifie la seigneurie entre 1256 et 1277. |
| Jean Ier de Roquefeuil - Fondateur de la lignée |
Reçoit l’hommage des habitants en 1275. |
| Arnaud de Roquefeuil - Seigneur pendant la Guerre de Cent Ans |
Renforce le château vers 1360–1370. |
| Élisabeth de Roquefeuil-Versols - Dernière héritière directe |
Épouse Jean-Casimir d’Izarn en 1716. |
| André de Roquefeuil - Restaurateur moderne |
Rachète et restaure le château à partir de 1964. |
| Louis Causse - Architecte des Monuments Historiques |
Supervise la restauration dans les années 1980. |
Origine et histoire
Le château de Versols, situé dans la vallée de la Sorgues (Sud-Aveyron), est bâti sur une terrasse rocheuse au confluent de la Sorgues et du Versolet. Il domine le castrum médiéval de Versols, un site occupé dès le haut Moyen Âge, probablement sur l’emplacement d’un oppidum gallo-romain. Mentionné dès le XIe siècle, il est organisé en moulon fortifié autour d’une cour intérieure. Entre 1360 et 1370, pendant la Guerre de Cent Ans, il est renforcé par une poterne, trois tours d’angle et deux échauguettes. Son architecture actuelle date surtout des XVe–XVIe siècles, avec un logis reposant sur des caves voûtées des Xe–XIVe siècles.
Le château est lié à la famille de Roquefeuil dès le XIIIe siècle. En 1132, Guillaume Bernard de Versols cède son fief à l’abbaye de Sylvanès avant de partir pour Jérusalem. De 1256 à 1277, Guilhem de Roquefeuil, fils naturel d’Arnaud de Roquefeuil, acquiert les parts de la seigneurie et fonde la branche des Roquefeuil-Versols, qui la conserve jusqu’en 1716. En 1716, Élisabeth de Roquefeuil-Versols épouse Jean-Casimir d’Izarn de Freissinet de Valady, prolongeant la lignée par contrat. Abandonné aux XIXe–XXe siècles, le château est racheté et restauré à partir de 1964 par André de Roquefeuil, avec l’aide de l’architecte des Monuments Historiques Louis Causse.
Le château, toujours propriété privée, propose des visites gratuites d’avril à septembre. Classé Monument Historique en 1988 pour ses façades, toitures et son tinel gothique (grande salle avec cheminée et peintures murales), il illustre l’évolution architecturale d’une forteresse médiévale vers une résidence seigneuriale. Les fouilles et études, notamment celles de Jacques Miquel et Philippe Figuière, ont permis de retracer son rôle dans le réseau féodal du Languedoc et de l’Aragon.
Les vestiges conservés incluent des caves voûtées imbriquées (Xe–XIVe siècles), une baie géminée à arcs brisés, et des traces de peintures murales dans la grande salle. L’aile sud-est et sud-ouest du rectangle, ainsi que des éléments défensifs (tours, poterne), datent des XIIIe–XIVe siècles. Des modifications ultérieures, comme l’ajout d’un étage au XVIIe siècle ou des fenêtres Renaissance, ont altéré son aspect originel. Aujourd’hui, le château allie son caractère défensif extérieur à des aménagements intérieurs reflétant son adaptation aux époques moderne et contemporaine.
La restauration des années 1980, supervisée par Louis Causse, a permis de sauver l’édifice, partiellement en ruine. Les propriétaires actuels, descendants des Roquefeuil, perpétuent son entretien et son ouverture au public. Le site participe aux Journées européennes du Patrimoine et sert de témoin à l’histoire féodale du Rouergue, marquée par les conflits anglo-français et les alliances seigneuriales entre Languedoc et Aragon.
Les sources historiques, dont les testaments étudiés par Philippe Figuière et les archives de l’Inventaire général d’Occitanie, soulignent son importance stratégique et symbolique. Le château incarne aussi la transition entre forteresse médiévale et demeure aristocratique, comme en témoignent ses décors intérieurs (peintures, cheminées) et ses aménagements successifs, du Xe au XVIIe siècle.