Origine et histoire du Château de Vésigneux
Le château de Vésigneux, situé dans le département de la Nièvre en Bourgogne-Franche-Comté, trouve ses origines au XIVe siècle. Il fut profondément marqué par les conflits de la Guerre de Cent Ans, subissant des dévastations de la part des Grandes Compagnies et des troupes anglaises. De cette période médiévale, il conserve un imposant donjon carré ainsi que des vestiges de douves, témoignages de son rôle défensif initial. Le site, implanté dans un cadre naturel préservé du Morvan, était stratégiquement positionné au milieu d’étangs et de vallons boisés.
À partir du XVIe siècle, le château entre dans le patrimoine de la maison de Bourbon, qui entreprend d’importants travaux de reconstruction vers 1565. Les XVIIe et XVIIIe siècles voient l’ajout d’éléments architecturaux raffinés : une façade remodelée, des tapisseries des Gobelins et d’Aubusson, ainsi que des boiseries. La chapelle, située au rez-de-chaussée du donjon, est ornée de peintures murales du XVIIe siècle. Cependant, en 1793, le château subit des vandalismes révolutionnaires, perdant notamment une aile au nord-est.
Le château de Vésigneux est aussi un lieu de rayonnement aristocratique au Grand Siècle. Propriété des Bourbon-Busset, il accueille des fêtes fastueuses où se pressent des princes du sang, comme Le Grand Condé, ou des figures militaires en devenir, tel Vauban. Les successions familiales mènent le domaine jusqu’à la famille Bourbon-Chalus, actuelle propriétaire. Depuis 2012, l’ensemble (château, allée, douves, colombier, écuries) est inscrit aux Monuments Historiques, protégeant ainsi un patrimoine à la fois médiéval et classique.
L’accès au château s’effectue par une longue allée d’arbres menant à un pont dormant à deux arches, typique des aménagements du XVIIe siècle. Le corps de logis, flanqué d’une tour carrée médiévale et d’une tour ronde, s’accompagne de dépendances variées : un pigeonnier, des écuries, un chenil, et une ferme. Ces éléments, associés à un étang et un parc, illustrent l’évolution du château d’une forteresse à une résidence seigneuriale, puis à un domaine agricole organisé.
Les archives mentionnent plusieurs personnages clés liés au château, comme Guillemette de Cussigny (XVe siècle), épouse successives des seigneurs de Vésigneux, ou Jacqueline de Vésigneux, dont le mariage avec Saladin de Montmorillon scelle une alliance noble. Au XVIIe siècle, Louise de Montmorillon, épouse de César de Bourbon Busset, puis leur descendant Jean-Louis de Bourbon-Busset (1597–1667), comte de Busset, font du château un haut lieu de la noblesse française. Leur héritier, François-Louis-Antoine de Bourbon Busset (1722–1793), dernier baron de Vésigneux avant la Révolution, clôt cette lignée de propriétaires influents.