Frise chronologique
1140
Première mention écrite
Première mention écrite
1140 (≈ 1140)
Geoffroy d'Oudon lègue ses biens aux moines.
XIIIe siècle (2e moitié)
Construction du château
Construction du château
XIIIe siècle (2e moitié) (≈ 1350)
Par la famille de Châteaugiron.
22 mai 1392
Autorisation de destruction
Autorisation de destruction
22 mai 1392 (≈ 1392)
Alain de Malestroit obtient le démantèlement.
1907
Acquisition par Charles de Berthen
Acquisition par Charles de Berthen
1907 (≈ 1907)
Comte et futur maire d'Oudon.
1942
Classement en site inscrit
Classement en site inscrit
1942 (≈ 1942)
Protection officielle des ruines.
2013
Transmission à la famille de Perier
Transmission à la famille de Perier
2013 (≈ 2013)
Création d'une association de préservation.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Geoffroy d'Oudon - Seigneur local |
Première mention de Vieille Cour en 1140. |
| Famille de Châteaugiron - Constructeurs du château |
Bâtisseurs au XIIIe siècle. |
| Alain de Malestroit - Seigneur d'Oudon |
Obtient la destruction en 1392. |
| Charles de Berthen de Pommery - Acquéreur en 1907 |
Maire d'Oudon et protecteur du site. |
| Famille de Perier - Propriétaires actuels |
Préservation depuis 2013. |
Origine et histoire
Le château de Vieille Cour, édifié au XIIIe siècle par la famille de Châteaugiron, est un exemple typique d'architecture militaire médiévale. Implanté sur une base rocheuse surplombant la vallée du Hâvre, il bénéficiait d'une position stratégique pour contrôler la voie romaine reliant Angers à Nantes. Le site se compose d'une haute cour, abritant le logis seigneurial, et d'une basse cour, toutes deux ceintes de douves sèches. La haute cour était protégée par une enceinte fortifiée incluant une tour, une porterie et des murs, reflétant les techniques défensives de l'époque.
La première mention écrite de Vieille Cour remonte à 1140, lorsque Geoffroy d'Oudon, blessé mortellement au siège de Champtoceaux, lègue ses biens aux moines d'Oudon, dont les prés de Veteri Curte. Ce toponyme, signifiant « ancienne cour » en latin, suggère une occupation bien antérieure au XIIe siècle. Le qualificatif « vieille » indique que le site était déjà perçu comme ancien à cette époque, bien que les vestiges actuels datent principalement du XIIIe siècle.
La construction du château au XIIIe siècle par les Châteaugiron s'explique par son emplacement avantageux : une assise rocheuse solide et une vue dominante sur la vallée du Hâvre, alors navigable. Cependant, son intérêt stratégique décline à la fin du XIVe siècle. En 1392, Alain de Malestroit obtient du duc Jean IV de Bretagne l'autorisation de détruire Vieille Cour pour fortifier le château d'Oudon, plus adapté à la défense du duché face au royaume de France. La route Nantes-Angers, désormais tracée le long de la Loire, et l'envasement du Hâvre rendent le site obsolète.
Après sa destruction partielle, le domaine passe entre les mains de grandes familles bretonnes : Malestroit, du Bellay, Montmorency, puis Bourbon-Condé, jusqu'à la Révolution. Au XXe siècle, les ruines sont acquises en 1907 par le comte Charles de Berthen de Pommery, maire d'Oudon, avant d'être transmises en 2013 à la famille de Perier. Celle-ci a créé une association pour préserver le site, ouvert au public lors des Journées du patrimoine. Le château, classé site inscrit en 1942, témoigne aujourd'hui de l'évolution des stratégies défensives en Bretagne.
Le toponyme Vieille Cour trouve son origine dans le latin Vetus Curtis, évoquant un domaine rural ou une résidence seigneuriale ancienne. Les fouilles et archives révèlent aussi la proximité d'un viaduc romain submergé, le Pont Noyé, soulignant l'importance historique de cette voie de communication. Bien que partiellement en ruines, le logis seigneurial conserve une salle d'apparat, des annexes et une porterie, séparés du reste de l'enceinte par une douve intérieure. Ces éléments architecturaux illustrent la vie quotidienne et les hiérarchies sociales au Moyen Âge.