Origine et histoire du Château de Vienne-en-Bessin
Le château de Vienne-en-Bessin, surnommé Le Vieux Château, est un ensemble architectural situé dans la commune de Vienne-en-Bessin, dans le département du Calvados. Il se compose principalement d’une ferme-manoir datant du XVe siècle et d’un colombier construit au XVIIe siècle. Ce complexe, partiellement inscrit aux monuments historiques depuis 1932, illustre l’évolution des constructions seigneuriales en Normandie, mêlant éléments défensifs médiévaux et aménagements agricoles d’époque moderne.
La seigneurie appartenait initialement aux seigneurs de Creully, une famille noble normande. En 1643, Pierre d’Harcourt, descendant de cette lignée, cède le domaine à la famille Sillans. Le site conserve un portail en calcaire de la fin du XVe siècle, orné de sculptures animales, ainsi qu’un colombier dont la décoration soignée symbolisait le prestige seigneurial. Ces éléments reflètent les transformations sociales et économiques de la région entre Moyen Âge et époque moderne.
L’architecture du château révèle plusieurs campagnes de construction. Au XVe ou début XVIe siècle, le logis, les écuries, et une grange sont édifiés, suivis d’importants remaniements au milieu du XVIIe siècle : agrandissement du logis, construction d’un pressoir à cidre, et ajout d’un colombier-porche. Au XVIIIe siècle, un nouveau logis est bâti à l’écart, laissant les anciens bâtiments se transformer en ferme. Une partie des structures est démolie au XIXe siècle, notamment en 1860, lorsque les matériaux sont réutilisés pour un couvent voisin.
Les façades et toitures du Vieux Château, donnant sur la cour, la route et la campagne, sont protégées depuis 1932. Le site témoigne ainsi des mutations d’un domaine seigneurial en exploitation agricole, tout en conservant des traces de son passé noble. Les sources historiques, comme les travaux d’Arcisse de Caumont ou les éditions Flohic, documentent son évolution architecturale et son ancrage dans le patrimoine calvadosien.
Aujourd’hui, le château reste un exemple caractéristique des châteaux-farmes normands, où se mêlent héritage médiéval et adaptations des Temps Modernes. Son colombier, souvent associé à un symbole de pouvoir, et son portail sculpté en font un site remarquable pour l’étude de l’habitat rural noble en Basse-Normandie.