Origine et histoire du Château de Vigouroux
Le château de Vigouroux, situé à Saint-Martin-sous-Vigouroux dans le Cantal, s’inscrit dans une seigneurie attestée depuis le XIe siècle et dépendant des vicomtés de Murat puis de Carlat, qui en furent les possesseurs jusqu’en 1791 ; le domaine comprenait autrefois un château fort, chef-lieu d’une châtellenie, et un château de plaisance construit à proximité par la famille de Berthomier, seul édifice subsistant aujourd’hui. Une famille de Vigouroux est attestée dès le XIIe siècle et, du XIe siècle, subsistent quelques fondations de la forteresse primitive, autrefois bien plus vaste, détruite en 1360 par Jean Chandos, lieutenant du roi d’Angleterre. Le château actuel paraît avoir été élevé au XVIe siècle sur les soubassements de la forteresse ruinée et avec ses matériaux; son plan d’origine a été conservé en grande partie, mais l’ensemble, à l’exception de la tour centrale abritant l’escalier, a été réduit d’un étage, sans doute au XVIIIe siècle, période où une aile fut ajoutée et des boiseries installées. La tour des archives, à l’arrière, a été rasée pendant la Révolution ; le bas-relief représentant l’Annonciation qui ornait le linteau de la porte de la tour centrale a probablement été martelé à cette époque. Certaines fenêtres conservent des éléments de vitraux aux armes des Lastic datés des XVIIe‑XVIIIe siècles, et la chambre du deuxième étage est décorée de papiers peints d’époque; la chapelle castrale était placée sous l’invocation de Saint-Laurent. En 1273 Marquèze de Peyre, veuve du vicomte Pierre IV de Murat, rendit hommage pour Vigouroux à Henri II de Rodez, en sa qualité de vicomte de Carlat, et en 1328 Helis de Murat reçut une dot de 10 000 livres assise sur la terre de Vigouroux lors de son mariage avec Bernard de Cardaillac. La seigneurie supérieure connut des bouleversements : en 1477 elle fut confisquée à Jacques d’Armagnac, décapité après sa révolte, donnée à Jean de L’Isle puis rendue au duc de Nemours ; en 1489 ce dernier vendit les vicomtés de Carlat et de Murat à Pierre II de Bourbon en échange du comté de l’Isle-Jourdain. L’ensemble fut ensuite confisqué à Pierre de Bourbon et annexé à la couronne, entrant à plusieurs reprises dans l’apanage des reines douairières ; en 1641 Louis XIII l’attribua, avec le Carladès, à Honoré II Grimaldi de Monaco et à ses descendants, qui le conservèrent jusqu’à la Révolution française. En 1616 Jacques de Berthomier apporta le château moderne en dot à Annet Ier de Lastic, donnant naissance à la branche de Lastic‑Vigouroux qui résida de façon continue dans le château neuf, installé à côté de l’ancien fort. Annet II de Lastic épousa en 1638 Marie de Greil de la Volpilhère, qui lui apporta la seigneurie de Saint‑Martin‑sous‑Vigouroux et lui donna sept enfants. Annet V de Lastic, marié en 1720 à Marie Coste, fit édifier vers cette époque un nouveau corps de logis en équerre contre la tour Est, tandis que le logis et les deux tours furent abaissés d’un étage. Joseph‑Annet de Lastic, page de Louis XVI, chambellan de l’impératrice Joséphine, inspecteur général des Haras et député du Cantal, épousa Octavie de Lastic‑Sieujac, unissant ainsi les deux branches familiales ; leurs fils Antoine‑Annet dit Tony (page de Charles X), Harold et Octave furent membres de la Société cantalienne. En 1780 subsistait encore un tronçon de tour de l’ancien château, détruit par la suite dont les matériaux furent employés par M. de Lastic pour construire les écuries du château actuel. Vers 1845 Joseph de Lastic vendit le domaine à M. Beaufils‑Coste.