Frise chronologique
1056
Première mention seigneuriale
Première mention seigneuriale
1056 (≈ 1056)
Fromond de Paris devient seigneur de Villebon.
1512
Construction du château Renaissance
Construction du château Renaissance
1512 (≈ 1512)
Augustin de Thou érige trois pavillons et une galerie.
1587
Construction de la chapelle
Construction de la chapelle
1587 (≈ 1587)
Nicolas de Thou dédie la chapelle aux saints Côme et Damien.
1611
Incendie du corps central
Incendie du corps central
1611 (≈ 1611)
Reconstruction confiée à Louis Métezeau, inachevée.
1920
Vente à l'École de l'Île-de-France
Vente à l'École de l'Île-de-France
1920 (≈ 1920)
Transformation en pensionnat pour garçons.
1994
Fin de la maison de retraite
Fin de la maison de retraite
1994 (≈ 1994)
Devenu centre de retraite spirituelle et école.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Fromond de Paris - Premier seigneur de Villebon |
Reçoit le domaine en 1056. |
| Augustin de Thou - Commanditaire du château Renaissance |
Fait construire pavillons et galerie en 1512. |
| Louis Métezeau - Architecte d'Henri IV |
Reconstruit partiellement le château après 1611. |
| André Potier de Novion - Propriétaire et rénovateur |
Achève la reconstruction en 1620. |
| Comte Alfred-Félix de Montesquiou-Fezensac - Propriétaire au XIXe siècle |
Conçoit orangerie et presbytère en 1806. |
| Baron Laurent-Antoine-Isidore de Nivière - Dernier propriétaire privé |
Ajoute le pigeonnier en 1832. |
Origine et histoire
Le château de Villebon-sur-Yvette trouve ses origines en 1056, lorsque Fromond de Paris, premier seigneur du lieu, reçoit le domaine détaché de Palaiseau. Son fils Aszo de Villabona y érige une ferme fortifiée avec souterrains défensifs. Transmis sans modification majeure aux générations suivantes (Gautier puis Hugues de Villebon), le domaine passe en 1474 à la famille De Thou. Jacques de Thou, avocat au Parlement de Paris, en devient propriétaire, marquant le début d’une transformation architecturale majeure.
En 1512, Augustin de Thou, insatisfait de la demeure jugée « démodée et humide », fait construire un château Renaissance composé de trois pavillons et d’une galerie élégante, dont subsiste aujourd’hui le pavillon Henri IV. En 1587, Nicolas de Thou, évêque de Chartres, ajoute une chapelle dédiée aux saints Côme et Damien près du portail. Un incendie ravage cependant le corps central en 1611. Jacques-Auguste de Thou confie alors sa reconstruction à Louis Métezeau, architecte d’Henri IV, mais les travaux restent inachevés. Le domaine est revendu en 1620 à André Potier de Novion, qui achève la rénovation en mariant les ailes Renaissance à un nouveau bâtiment et agrandit la chapelle, devenue siège paroissial.
Le XVIIe siècle est marqué par des troubles : pillage durant la Fronde (1649), puis rénovation des ailes extérieures en 1656 par Nicolas Potier de Novion. Le domaine change ensuite plusieurs fois de mains : acquis en 1696 par Hubert de Champy (intendant de la marine), puis par Guillaume Delors de Serignan en 1704, avant de passer aux marquises de Pertuis et Pracomtal. Épargné par la Révolution à l’exception d’une perquisition, il est racheté en 1806 par le comte Alfred-Félix de Montesquiou-Fezensac, qui y construit une orangerie et un presbytère. En 1832, le baron de Nivière ajoute un pigeonnier avant que ses descendants ne vendent le domaine en 1920.
Au XXe siècle, le château devient en 1920 le siège de l’École de l’Île-de-France, un internat pour garçons, avant qu’un incendie en 1933 (pavillon Sully) ne force sa fermeture. Rachat en 1937 par la Congrégation de Saint-Vincent-de-Paul, il abrite une maison de retraite pour frères lazaristes jusqu’en 1994, puis un centre de retraite spirituelle. Aujourd’hui, le site accueille également un collège-lycée privé catholique. L’architecture actuelle mêle les vestiges Renaissance (pavillons Liancourt et Henri IV, portail Sully) à des ajouts néoclassiques (orangerie, pigeonnier), dans un parc de 25 hectares organisés autour de pelouses, allées historiques (François Ier, Henri IV), et un lac alimenté par une source légendaire.
Le parc, initialement de 200 hectares réduit à 25 aujourd’hui, conserve des éléments paysagers remarquables : deux grandes allées, une grille d’honneur inusitée, et une source associée à la légende de sainte Geneviève. Le château d’eau (XVIe siècle), l’orangerie transformée en gymnase, et le pigeonnier (XIXe siècle) témoignent des évolutions fonctionnelles du domaine. Classé en pays Hurepoix, sur les rives de l’Yvette, le château illustre près de mille ans d’histoire seigneuriale, éducative et religieuse, à seulement eighteen kilomètres de Paris.