Origine et histoire du Château de Villemolin
Le château de Villemolin, implanté sur la commune d’Anthien dans la Nièvre, trouve ses origines au XVe siècle sous la forme d’une motte féodale entourée de fossés et d’un « hostel fort ». Des traces de poteries romaines et de ciment suggèrent une occupation antique, bien que non confirmée. Au XVIIe siècle, Aloph de Certaines, seigneur de Villemolin et chevalier de l’Ordre de Saint-Michel, entreprend des restaurations majeures, notamment sur les tours de l’aile Est, après les guerres de Religion. Les cannonières et les boiseries de la tour Nord-Est datent de cette période.
Au XVIIIe siècle, Pierre-Jean de Certaines agrandit le château en ajoutant l’aile Sud et une terrasse, tout en décorant les salons avec des boiseries Louis XVI. La Révolution française épargne le domaine grâce à l’intervention des autorités locales en faveur de Pierre-Jean, arrêté puis libéré en 1795. La chapelle, construite en 1839 dans un style néo-gothique par Edmond de Certaines, abrite une pietà classée du XVIIe siècle, offerte par les chartreux de la chartreuse Sainte-Marie du Val Saint-Georges.
Le XIXe siècle marque une phase de transformations néo-médiévales et néo-Renaissance sous Joseph de Certaines, avec l’ajout de mâchicoulis, d’une troisième tour, et la redécoration du vestibule. Le parc à l’anglaise, dessiné en 1838, et les communs (orangerie, écuries, glacière) complètent l’ensemble. Depuis 1538, le château est resté dans la famille de Certaines, transmise par héritage.
Classé partiellement aux Monuments Historiques (chapelle en 1978, ensemble en 2002), le château se visite depuis 1976. Il a servi de décor aux films Le Mystère de la chambre jaune et Le Parfum de la dame en noir en 2002. Son architecture mêle des éléments défensifs médiévaux, des aménagements classiques, et des ajouts romantiques, reflétant près de six siècles d’histoire.
Les propriétaires successifs, comme Étienne de Certaines (XVIe siècle) ou Aloph de Certaines (XVIIe siècle), ont façonné le domaine. La seigneurie, initialement partagée entre les familles de la Corcelle, de Champignolle et de Bascoing, est unifiée sous les de Certaines à partir de 1626. Le château illustre ainsi l’évolution des goûts architecturaux et des modes de vie de l’aristocratie nivernaise.