Origine et histoire du Château de Villeneuve-Lembron
Le château de Villeneuve-Lembron fut construit à la fin du XVe siècle pour Rigaud d’Aureille, bailli des montagnes d’Auvergne et maître d’hôtel des rois Louis XI, Charles VIII, Louis XII et François Ier. Ce proche du pouvoir royal, également ambassadeur auprès de Maximilien d’Autriche, érigea une demeure reflétant son statut, mêlant fonctions défensives (fossés, tours cylindriques) et confort résidentiel. Le château passa au début du XVIe siècle à la famille Montmorin, qui y ajouta des décors peints, notamment dans la salle d’apparat et les écuries, illustrant des thèmes mythologiques et satiriques.
En 1643, le domaine fut acquis par Isaac Dufour, trésorier de France à Riom, qui modernisa l’ensemble : transformation de la cour intérieure, ajout d’une galerie à portique, et embellissement des plafonds et cheminées du premier étage. Le château resta dans la famille Dufour, puis Pellissier de Féligonde (par le mariage d’Élisabeth Catherine Dufour en 1754), avant de passer aux barons de Thuret jusqu’en 1919. Ces derniers dispersèrent une partie des collections, dont des portraits familiaux, rachetés plus tard par l’État.
Classé monument historique en 1926 pour ses éléments architecturaux et ses décors intérieurs, le château fut cédé à l’État en 1937 par son dernier propriétaire privé, Georges Tixier. Depuis, le Centre des monuments nationaux en assure la gestion, menant des restaurations tout en ouvrant le site au public. L’édifice incarne une transition stylistique entre Moyen Âge et Renaissance, avec des fresques humoristiques (comme le Dict de la Bigorne) et des menuiseries du XVe siècle encore conservées.
L’architecture du château combine trois corps de logis flanqués de quatre tours rondes, entourés de fossés, et une cour carrée accessible par une porte en anse de panier. Les ailes Est et Ouest, ajoutées sous Louis XIII, ainsi que les peintures murales (allégories morales, scènes satiriques) témoignent des évolutions artistiques et sociales de l’époque. Les décors des écuries, opposant bien et mal, et les embrasements des fenêtres peuplés de figures mythologiques romaines, soulignent l’influence humaniste sur les propriétaires successifs.