Origine et histoire du Château de Villeprévost
Le château de Villeprévost, situé à Tillay-le-Péneux en Eure-et-Loir, est un exemple rare de gentilhommière beauceronne, construite entre les XVIe et XVIIIe siècles. En 1729, une description des lieux mentionne déjà le pavillon central et le colombier circulaire, tandis qu’en 1756, deux ailes et des communs sont ajoutés, accompagnés de la création d’un parc et de ses allées. Ce parc, conçu par un jardinier formé à l’école de Le Nôtre, est ordonnancé selon un axe dirigé vers le soleil couchant du 15 août, reflétant l’influence des jardins français du XVIIIe siècle.
Le château est inscrit aux Monuments Historiques en deux temps : en 1986 pour ses façades, toitures et pigeonnier, puis en 1988 pour son jardin et son parc. Ce dernier, abandonné puis restauré en 1910 par l’architecte paysagiste Jamain selon les plans d’origine, illustre l’art des jardins classiques. Le site est également marqué par l’histoire locale, notamment la capture de la bande d’Orgères, des brigands dont les méfaits ont marqué la mémoire collective.
Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, le château de Villeprévost est transformé en hôpital de campagne par les Bavarois après la bataille de Loigny, qui se déroule à proximité, sur le site de Tanon, un hameau de Tillay-le-Péneux. Ce conflit oppose l’Armée de la Loire, soutenue par les Zouaves pontificaux, aux troupes prussiennes, laissant une empreinte durable dans l’histoire locale.
Le château est associé à plusieurs familles successives : les Ramezay, les Le Juge, puis les Fougeron. Son architecture et son parc, conçus pour refléter le prestige de ses propriétaires, témoignent des évolutions stylistiques des XVIIe et XVIIIe siècles en Beauce. La chapelle Notre-Dame-et-Saint-Étienne, intégrée au domaine, complète cet ensemble patrimonial.
Tillay-le-Péneux, où se dresse le château, est une commune rurale d’Eure-et-Loir, en région Centre-Val de Loire. Son nom, issu de Tigletus Paganorum (attesté en 914), évoque une ancienne tillaie et l’installation de Normands au IXe siècle. La commune abrite aussi des vestiges mégalithiques, comme le dolmen de la Pierre Godon et le tumulus de Menainville, classés Monuments Historiques.
Le parc du château, restauré au début du XXe siècle, est un exemple remarquable de l’héritage paysager du XVIIIe siècle. Son organisation géométrique, ses allées et ses bosquets en font un site emblématique de l’art des jardins à la française, adapté au contexte rural de la Beauce. Aujourd’hui, le domaine reste un témoignage architectural et historique majeur de la région.