Aujourd'hui Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Les façades et les toitures du château ; l'escalier avec sa cage (cad. ZB 41) : inscription par arrêté du 25 octobre 2002
Personnages clés
Gilles de Riantz - Conseiller au Parlement et maître des requêtes
Rebâtit le château au XVIe siècle.
Henri IV - Roi de France
Érige Villeray en baronnie (1593).
Fauche - Paysagiste
Redessine le parc (1845–1856).
Origine et histoire
Le château de Villeray, situé à Sablons-sur-Huisne dans l’Orne, trouve ses origines au XIe siècle comme forteresse des Talvas, seigneurs de Bellême, chargée de contrôler la vallée de l’Huisne face aux invasions normandes. Deux châteaux médiévaux coexistaient alors : Villeray en Assé et Villeray en Jusson. Après la victoire des Routrou en 1114, devenus comtes du Perche, les forteresses furent détruites en 1428 pendant la guerre de Cent Ans, ne laissant que douves, talus et un ouvrage d’entrée à tourelles.
Rebâti au milieu du XVIe siècle par Gilles de Riantz (conseiller au Parlement et maître des requêtes du roi), le château fut érigé en baronnie en 1593 par Henri IV, puis en marquisat en 1707 avec l’union des terres de Comblot et Réveillon. Le domaine, valant 350 000 livres de rente annuelle, dominait plus de 100 fiefs nobles locaux. Son architecture, en pierre blanche à deux étages nobles, fut enrichie en 1846 d’un style néo-Renaissance (motifs floraux, médaillons) et d’un parc redessiné entre 1845 et 1856 par Fauche.
Aujourd’hui propriété privée, le château abrite un hôtel de luxe avec spa dans les dépendances, des chambres dans le village classé, et un restaurant estival dans un moulin du XIXe siècle. Ses façades et toitures, ainsi que l’escalier principal, sont classés Monuments Historiques depuis 2002. Le parc de 50 hectares, conçu au XVIIe siècle et modifié aux XVIIIe–XIXe siècles, conserve des traces des aménagements successifs.
Le site illustre l’évolution d’une forteresse médiévale en résidence seigneuriale, puis en domaine hôtelier, tout en préservant des éléments défensifs originels (douves, talus) et une architecture mêlant Renaissance et néo-Renaissance. Son histoire reflète les enjeux stratégiques du Perche, entre Normands, comtes de Mortagne et monarchie française.