Frise chronologique
1500
Première mention du domaine
Première mention du domaine
1500 (≈ 1500)
Possession de Jacques Bourdin, ancien château.
1663-1669
Construction du château actuel
Construction du château actuel
1663-1669 (≈ 1666)
Commandé par Jean II Dyel, comte d’Auffay.
1715
Vente à Pierre Michel Cousin de Conteville
Vente à Pierre Michel Cousin de Conteville
1715 (≈ 1715)
Ajout d’une chapelle et modifications.
1746-1751
Travaux de modernisation
Travaux de modernisation
1746-1751 (≈ 1749)
Menés par Abraham Joseph Michelet de Vatimont.
27 août 1944
Bombardement pendant la Seconde Guerre mondiale
Bombardement pendant la Seconde Guerre mondiale
27 août 1944 (≈ 1944)
Destruction de la chapelle et de l’orangerie.
2011-2019
Campagne de restauration
Campagne de restauration
2011-2019 (≈ 2015)
Dirigée par Jacques Garcia pour les Bogdanov.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Bâtiments annexes, chapelle et grille d'entrée : inscription par arrêté du 15 juin 1939 - Château et son mur d'enceinte : classement par arrêté du 28 mai 1942
Personnages clés
| Jean II Dyel, comte d’Auffay - Commanditaire du château |
Ambassadeur de Louis XIV à Venise. |
| François Mansart - Architecte attribué (non confirmé) |
Plans supposés du château. |
| Jules Hardouin-Mansart - Architecte exécutant |
Neveu de François Mansart. |
| Sophie de Grouchy - Philosophe et salonnière |
Épouse de Condorcet, hôte du château. |
| Emmanuel de Grouchy - Maréchal d’Empire |
Propriétaire et frère de Sophie. |
| Jacques Garcia - Architecte d’intérieur |
Responsable des restaurations (2013-2019). |
Origine et histoire
Le château de Villette trouve ses origines au XVIe siècle avec la famille Bourdin, puis passe aux mains des Vallois, marquis de Villette, avant d’être vendu en 1609 à Jean Dyel, conseiller du roi. Son fils, Jean II Dyel, comte d’Auffay et ambassadeur de Louis XIV à Venise, fait ériger entre 1663 et 1669 l’édifice actuel, remplaçant une ancienne maison forte. Bien que non confirmé, les plans sont attribués à François Mansart, et la construction est menée par son neveu Jules Hardouin-Mansart après sa mort. Le comte meurt en 1668 sans héritier direct, léguant le domaine à sa sœur Marie Dyel, épouse de Charles de Mathan.
Au XVIIIe siècle, le château change plusieurs fois de mains : vendu en 1715 à Pierre Michel Cousin de Conteville, procureur général du roi, il est embelli par une chapelle et des travaux de modernisation entre 1746 et 1751 sous Abraham Joseph Michelet de Vatimont. Le domaine devient ensuite la propriété de François-Jacques de Grouchy, dont les enfants, comme la philosophe Sophie de Grouchy (épouse de Condorcet) ou le maréchal Emmanuel de Grouchy, en font un lieu de rencontre des idéologues pré-révolutionnaires. Après la Révolution, le château est vendu en 1818 à Louis Le Bouteiller, puis passe entre les mains de familles influentes comme les Fouché d’Otrante.
Au XXe siècle, le château subit des dommages lors d’un bombardement en 1944, détruisant chapelle et orangerie, reconstruites peu après. Acquis en 1936 par Renée Pernod (veuve de l’inventeur du célèbre apéritif), puis par sa famille jusqu’en 1998, il est racheté par Olivia Hsu Decker avant d’être restauré à partir de 2011 par les époux Bogdanov, sous la direction de l’architecte Jacques Garcia. Classé monument historique en 1942, il n’est pas ouvert au public mais se visite lors d’événements privés.
Architecturalement, le château se distingue par son corps central à rotonde, ses pavillons latéraux et ses toits à la Mansart, typiques du XVIIe siècle. La cour d’honneur, encadrée de bâtiments dissymétriques reliés par des galeries en hémicycle, est fermée par une grille en fer forgé classée. Le domaine de 75 hectares, incluant jardins et dépendances (communs, orangerie, pressoir), reflète l’évolution des goûts aristocratiques des XVIIe et XVIIIe siècles.
Le château de Villette a aussi marqué la culture populaire, servant de décor à des films comme Da Vinci Code (2006) ou Les Traducteurs (2019), et à des séries telles que Le Comte de Monte-Cristo (1998). Son histoire, mêlant diplomatie, philosophie et patrimoine architectural, en fait un joyau méconnu de l’Île-de-France.