Origine et histoire du Château de Villevieille
Le château de Villevieille, situé dans le Gard en Occitanie, trouve ses origines au XIe siècle sous l’impulsion des Bermond, seigneurs de Sauve et d’Anduze. La première structure, une tour rectangulaire appelée tour de Saint-Baudile, servait de poste de surveillance sur la vallée du Vidourle. Au XIIIe siècle, saint Louis s’empare du domaine après la rébellion de Pierre Bermond VII, allié du comte de Toulouse. Le roi y séjourne en 1270 avant sa huitième croisade, et y ajoute une seconde tour, la tour du Colombier. Le château devient alors propriété royale, avant d’être cédé à des familles nobles comme les Scatisse (1365) puis les Villars.
Au XVIe siècle, Bernard de Pavée, maître à la cour des Comptes de Montpellier, acquiert le château en 1529 et entame sa transformation en résidence Renaissance. Son frère François, valet de chambre du roi, poursuit les aménagements, ajoutant un corps de logis principal et modernisant les façades. Les Pavée, devenus marquis de Villevieille, conservent le domaine pendant des siècles, malgré les ravages des guerres de Religion. En 1573, le maréchal de Damville y installe son quartier général pour assiéger Sommières, endommageant partiellement le château. En 1622, Louis XIII y signe la capitulation de Sommières.
Le château échappe aux destructions de la Révolution grâce aux relations politiques des Pavée, notamment Philippe-Charles, proche des Lumières. Après une période d’abandon (1913–1960), le comte et la comtesse de David-Beauregard entreprennent sa restauration dans les années 1960, obtenant le prix Chefs-d’œuvre en péril en 1968. Classé monument historique en 1971, le château allie aujourd’hui quatre tours médiévales (XIe–XIVe siècles), des façades Renaissance, et une chapelle du XVIIIe. Il accueille aussi un festival de musique classique créé en 1970, l’un des plus anciens de la région.
Le site est également lié à une histoire locale riche, avec des vestiges gallo-romains et wisigoths attestant d’une occupation ancienne. La cité primitive, entourée de remparts cyclopéens, était un oppidum dépendant de Nîmes (Nemausus) à l’époque romaine. Les fouilles révèlent une ville de second ordre, active entre le IIe siècle av. J.-C. et le IIe siècle ap. J.-C., avant l’installation des Wisigoths (Ve–VIe siècles) puis des conflits entre Arabes et Francs.
L’architecture du château reflète ses évolutions : les tours médiévales (Saint-Baudile, Pigeonnier, Portail, Montredon) encadrent une cour intérieure aux façades Renaissance, remaniées au XVIIIe siècle. À l’intérieur, le salon du premier étage conserve des gypseries napolitaines (1764), et la chapelle, modifiée sous la Restauration, abrite des cuirs du XVIIe siècle. La partie basse de la façade nord, de style Renaissance, contraste avec la partie haute, inspirée de Louis XIV, avec son balcon et ses frontons curvilignes.