Origine et histoire du Château de Villiers-le-Bâcle
Le château de Villiers-le-Bâcle, situé dans l’Essonne en Île-de-France, trouve ses origines sur le fief de Villiers (ou fief de Presles), mentionné dès le XIVe siècle. Ce domaine a successivement appartenu à des familles influentes, comme les Voisins (XIVe–XVIe siècles), avant d’être acquis au XVIIe siècle par Françoise Lombard, Michel Lucas – proche de Louis XIII –, puis Nicolas de Bartillat. Le château actuel, construit vers 1650 par Michel Lucas, remplace un hôtel particulier du XVIIe siècle, l’hôtel de Presles, dont il ne subsiste que des ruines. Le site, stratégiquement placé en bordure du plateau de Saclay, était alors un lieu de pouvoir local et de gestion seigneuriale.
Au XVIIIe siècle, le château passe entre les mains de Claude Olivier Boucher et d’Ajorrant de Tracy, avant de subir une restauration majeure au début du XIXe siècle par la famille Biver. Cette dernière a marqué l’histoire du domaine en documentant la vie quotidienne à la Belle Époque grâce à des photographies d’Eugène Biver, redécouvertes en 2013. Ces clichés illustrent les activités agricoles, les fêtes religieuses et les traditions villageoises, offrant un témoignage rare de la société rurale francilienne. Le parc de 40 hectares, incluant forêt, potager et orangerie, reflète cette autarcie historique, bien que les douves aient été comblées au XIXe siècle.
Classé partiellement aux monuments historiques en 1946, le château a connu des propriétaires célèbres, comme l’imitateur Yves Lecoq (1995–2021), qui en a assuré la restauration avant sa vente à Xavier Niel. Bien que fermé au public en temps normal, il accueille des tournages (comme Ridicule en 1996 ou la série Nicolas Le Floch) et des événements privés. Son architecture, typique du style Louis XIII avec ses ailes en H et sa façade de briques, abrite des intérieurs remarquables, dont un escalier copié de l’hôtel de Beauvais et des chambres d’apparat du XVIIe siècle. Le site, classé en 1966, conserve aussi les traces d’anciennes dépendances, comme un presbytère déplacé au XXe siècle et un tribunal transformé en cimetière communal.