Origine et histoire du Château de Villiers-sur-Port
Le château de Villiers-sur-Port, situé à Port-en-Bessin-Huppain dans le Calvados, est une ancienne place forte dont les origines remontent probablement au XIIe siècle, bien que les parties les plus anciennes conservées datent des XIIIe et XVIe siècles. Construit pour la famille des Villiers, puissante lignée du Bessin, il fut un édifice civil majeur de la région. Le site, cerné de douves, comportait initialement un donjon carré aujourd’hui disparu, ainsi qu’une chapelle du XIIIe siècle transformée en écurie vers 1850. Les remaniements successifs, notamment aux XVIIIe et XIXe siècles, ont altéré son aspect défensif pour en faire une exploitation agricole.
Au Moyen Âge, le château joua un rôle stratégique, comme en témoigne sa prise par les Anglais en 1417 pendant la guerre de Cent Ans. Raoul de Couvert, l’un de ses défenseurs, dut alors livrer son fils en otage au roi Henri V d’Angleterre. La famille de Villiers conserva le fief pendant quatre siècles avant de le céder aux Héricy, qui le gardèrent jusqu’au XIXe siècle. Les vestiges actuels incluent un logis seigneurial du XVIe siècle, une tour cylindrique percée de meurtrières, et des bâtiments agricoles datant pour certains du XIIe siècle, comme en attestent leur portail et leurs boulins.
L’architecture du château mêle des éléments défensifs (douves, pont-levis disparus, meurtrières) et résidentiels (logis Renaissance, chapelle à contreforts). La cour noble, distincte de la basse-cour agricole, illustre cette dualité. Classé monument historique en 1927, le site conserve des traces de son passé médiéval malgré les transformations ultérieures. Les sources, comme les travaux d’Arcisse de Caumont, soulignent son importance patrimoniale dans le Bessin, bien que certaines informations, comme l’existence du donjon, reposent sur des traditions orales.
La transformation en ferme, probablement dès le XVIIIe siècle, marqua un tournant dans l’histoire du château. Les bâtiments furent adaptés aux besoins agricoles : la chapelle devint une écurie, et les douves furent en partie comblées au XIXe siècle. Malgré ces modifications, le site reste un témoignage rare des manoirs-forts normands, combinant fonctions seigneuriales et économiques. Aujourd’hui, son état reflète ces strates historiques, des fondations médiévales aux ajouts modernes.