Origine et histoire du Château de Vilmorin
Le château de Vilmorin, implanté à Verrières-le-Buisson dans l’Essonne, trouve ses origines au milieu du XVIIe siècle. En 1650, le domaine appartenait déjà à François Thuret, écuyer et bourgeois parisien, et comprenait une grande maison entourée de 4 hectares de terres. Ce bâtiment central, légèrement modifié, constitue encore aujourd’hui le cœur du château actuel. Le site, situé sur le coteau nord de la vallée de la Bièvre, fut agrandi et transformé par plusieurs propriétaires influents, dont des artistes, éditeurs et hauts fonctionnaires parisiens.
Au XVIIIe siècle, la propriété passa entre les mains de personnalités marquantes : Antoine Benoist, peintre et sculpteur de Louis XIV (1690-1698), puis Philippe-Joseph Perrotin de Barmond, qui y ajusta des bâtiments au début du siècle. Michel-Antoine David, éditeur de l’Encyclopédie, en fut propriétaire de 1747 à 1768, suivi par Louis-Balthazard de La Chevardière, musicien et premier maire de Verrières en 1790, qui poursuivit les constructions. Ces transformations reflètent l’évolution architecturale et sociale du domaine, lié à l’élite intellectuelle et artistique de l’époque.
En 1815, la famille Vilmorin-Andrieux acquit le château pour y développer des recherches agronomiques. Philippe-André Levêque de Vilmorin, à la tête d’une entreprise semencière renommée, y installa un arboretum et des laboratoires, faisant du domaine un centre mondial de biologie végétale pendant 150 ans. Le parc, classé réserve naturelle en 1959, et certaines parties du château, inscrites aux monuments historiques en 1965, témoignent de cette vocation scientifique. La famille conservant toujours la propriété, le site reste associé à des figures comme Louise de Vilmorin, écrivaine qui y vécut et y mourut en 1969, ou André Malraux, qui y résida jusqu’en 1976.
Le château, entouré d’un parc de 4,5 hectares aujourd’hui appelé Arboretum Vilmorin, illustre à la fois l’héritage architectural des XVIIe et XVIIIe siècles et l’innovation scientifique des XIXe et XXe siècles. Son histoire mêle ainsi patrimoine bâti, avancées botaniques et vie culturelle, avec des traces comme le monument érigé en 1908 en hommage à la famille Vilmorin, toujours visible près de l’ancienne mairie.