Frise chronologique
1150–1340
Résidence de loisir royale
Résidence de loisir royale
1150–1340 (≈ 1245)
Manoir puis pavillon de chasse sous Louis VII et Philippe Auguste.
1337–1380
Construction du donjon et de l'enceinte
Construction du donjon et de l'enceinte
1337–1380 (≈ 1359)
Forteresse sous Philippe VI et Charles V.
1552
Inauguration de la Sainte-Chapelle
Inauguration de la Sainte-Chapelle
1552 (≈ 1552)
Achèvement sous Henri II par Philibert Delorme.
1658–1661
Pavillons du Roi et de la Reine
Pavillons du Roi et de la Reine
1658–1661 (≈ 1660)
Construits par Louis Le Vau pour Louis XIV.
1796
Transformation en arsenal militaire
Transformation en arsenal militaire
1796 (≈ 1796)
Siège du service historique de la Défense.
1944
Destructions pendant la Libération
Destructions pendant la Libération
1944 (≈ 1944)
Incendie des pavillons par les nazis.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Voir commune de : Vincennes (94)
Personnages clés
| Louis VII - Roi de France |
Aménage la première résidence avant 1178. |
| Charles V - Roi de France (1364–1380) |
Fait de Vincennes sa résidence et siège du gouvernement. |
| Philibert Delorme - Architecte royal |
Achève la Sainte-Chapelle sous Henri II. |
| Louis Le Vau - Architecte |
Conçoit les pavillons du Roi et de la Reine. |
| Général Pierre Daumesnil - Gouverneur sous Napoléon |
Résiste aux troupes étrangères en 1814–1815. |
| Viollet-le-Duc - Architecte-restaurateur |
Restaure la chapelle et le donjon au XIXe siècle. |
Origine et histoire
Le château de Vincennes, situé dans l’actuel 12e arrondissement de Paris, est une forteresse dont la construction s’échelonne du XIVe au XVIIe siècle. À l’origine simple manoir royal aménagé par Louis VII avant 1178, il devient une résidence de villégiature sous Philippe Auguste (1180), puis une forteresse sous Philippe VI de Valois (vers 1337). Charles V en fait sa résidence principale et le siège du gouvernement, ajoutant un donjon de 52 mètres (vers 1365) et une enceinte monumentale (1372–1380). Le site, couvert d’une forêt giboyeuse au Moyen Âge, abrite aussi une Sainte-Chapelle construite à partir de 1379 pour y conserver un fragment de la couronne d’épines.
Au XVIIe siècle, Louis XIV y ajoute les pavillons du Roi et de la Reine (1658–1661) avant de délaisser Vincennes pour Versailles. Le château devient alors une prison d’État, accueillant des prisonniers illustres comme Fouquet, Voltaire ou le marquis de Sade. Transformé en arsenal en 1796, il abrite aujourd’hui le service historique de la Défense. Le donjon, restauré après des siècles de négligence, est classé monument historique depuis 1993. Les fouilles archéologiques (1992–1996) ont révélé des vestiges du manoir médiéval et des marques lapidaires attestant de l’organisation complexe du chantier.
Le château, entouré du bois de Vincennes, a aussi joué un rôle militaire clé : siège de l’état-major en 1940, lieu d’exécutions pendant la Seconde Guerre mondiale (30 otages en 1944), et cible de destructions par les nazis en août 1944. Charles de Gaulle envisagea d’en faire la résidence présidentielle en 1958, mais le projet fut abandonné. Depuis 1988, un programme de restauration a permis de rouvrir le donjon (2007) et la Sainte-Chapelle (2009), tout en préservant son double statut de monument culturel et de site militaire.
L’architecture de Vincennes mêle des éléments défensifs (douves, tours de 42 mètres, enceinte de 1 km) et résidentiels (appartements royaux, jardins à la française par Le Nôtre). Le donjon, conçu pour abriter le roi en cas de danger, comprend cinq niveaux, dont des réserves et des salles d’apparat. La Sainte-Chapelle, inspirée de celle de Paris, reste inachevée malgré les interventions de Philibert Delorme sous Henri II. Le site, menacé de démolition en 1791, fut sauvé par Lafayette et devint un symbole de résistance pendant les occupations étrangères (1814–1815).
Les gouverneurs du château, comme le général Daumesnil sous Napoléon, ont marqué son histoire militaire. Les fouilles récentes ont exhumé 2 778 carreaux de terre cuite du XIVe siècle et analysé 713 marques lapidaires, éclairant les techniques de construction médiévales. Le château, classé aux monuments historiques, est aujourd’hui géré conjointement par les ministères de la Culture et de la Défense, avec une gouvernance partagée incluant la ville de Vincennes.