Origine et histoire
Le château de Vins, mentionné dès le XIe siècle sous le nom de castrum de Vicinis, était à l’origine une forteresse médiévale abandonnée en 1471. Au XVIe siècle, un nouveau château fut bâti plus bas sur l’éperon rocheux par la famille de Garde, seigneurs locaux. Ce dernier, remanié à la Renaissance puis au XVIIIe siècle, devint la résidence principale des comtes de Provence, puis des familles de Brici et de Garde, dont Hubert de Garde, figure majeure de la Ligue en Provence, né en 1539 sur place.
L’édifice, caractéristique de la transition entre forteresse et demeure d’agrément, s’organise autour d’une cour d’honneur de 200 m2 avec une galerie à double arcade et une loggia à l’italienne. Les murs en petit appareil irrégulier, enduits à la chaux, abritent des éléments remarquables comme une fontaine à mascaron et une chapelle restaurée dans une tour d’angle. La salle de chasse, aujourd’hui salon, illustre l’adaptation des espaces au fil des siècles.
Laissé à l’abandon entre 1930 et 1940, le château fut sauvé à partir de 1960 par des propriétaires privés, dont Jean Bonnet et l’architecte René-Richard Michoud. Inscrit aux monuments historiques en 1965, il fit l’objet d’un programme pluriannuel de restauration, primé pour son approche alliant conservation et réutilisation culturelle. Depuis 1983, le site accueille expositions, concerts et stages, tout en abritant des chambres d’hôtes.
Le château incarne un modèle de réhabilitation patrimoniale, combinant préservation architecturale et dynamisme culturel. Ses espaces — cour d’honneur, terrasses, salle voûtée — accueillent jusqu’à 150 personnes pour des événements variés, des spectacles lyriques aux festivals. Cette double vocation, touristique et artistique, lui a valu des distinctions comme le Prix Architecture et Musique en 2004.
Son histoire est aussi liée à des figures comme François de Garde, qui obtint l’érection de Vins en marquisat en 1641, ou Jean, dernier marquis, mort sans héritier en 1731. Le domaine passa alors au comte du Luc. Aujourd’hui, le château reste un symbole de la Provence Verte, mêlant mémoire médiévale, héritage renaissant et vie contemporaine.
Classé en zone paysagère protégée (secteur Np), le château domine toujours la vallée du Caramy, à 340 m d’altitude. Son environnement, marqué par le cône de vue du village, et ses vestiges architecturaux en font un site emblématique du Var, entre patrimoine et innovation.