Frise chronologique
930
Première mention écrite
Première mention écrite
930 (≈ 930)
Vixouze cité comme *villa* dans une donation.
1267
Aveu féodal
Aveu féodal
1267 (≈ 1267)
Château désigné comme tour fortifiée
XIIIe siècle
Construction du donjon
Construction du donjon
XIIIe siècle (≈ 1350)
Donjon rectangulaire et enceinte primitive édifiés.
1400
Mariage d'Hélène de Vixouze
Mariage d'Hélène de Vixouze
1400 (≈ 1400)
Union avec Robert de Brunenc, changement de lignée.
1439
Acquisition de Comblat
Acquisition de Comblat
1439 (≈ 1439)
Guiral Brunenc achète le château voisin.
XVe siècle
Reconstruction partielle
Reconstruction partielle
XVe siècle (≈ 1550)
Rénovations post-guerres franco-anglaises
1719
Mur de clôture daté
Mur de clôture daté
1719 (≈ 1719)
Inscription sur le mur d'enceinte.
7 novembre 2000
Classement monument historique
Classement monument historique
7 novembre 2000 (≈ 2000)
Inscription totale du château et dépendances.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château en totalité, y compris l'enceinte avec son portail et ses tours, la fontaine extérieure, la cour d'honneur, et les pièces suivantes avec leur décor : cuisine, salle manger, salle du premier étage du donjon, salle du deuxième étage avec sa cheminée monumentale, chambre aux pilastres, chambre nord, chapelle, et fournil (cad. D 136 à 138, 482) : inscription par arrêté du 7 novembre 2000
Personnages clés
| Guy de Montjou - Premier seigneur connu |
Cité en 1267 comme damoiseau |
| Hélène de Vixouze - Dernière héritière de la lignée Vixouze |
Épouse Robert de Brunenc en 1400. |
| François-Xavier Pagès - Seigneur révolutionnaire et écrivain |
Propriétaire au XVIIIe, auteur de mémoires. |
| André Léonard - Artiste peintre et restaurateur |
Propriétaire de 1990 à 2013, organise des événements. |
| Serge Pilicer-Moncorger - Propriétaire actuel |
Acquisition en 2013 avec son épouse |
| Guiral Brunenc de Vixouze - Seigneur et capitaine-gouverneur |
Acheteur de Comblat en 1439. |
| Blaise Pagès - Lieutenant criminel d'Aurillac |
Époux de Louise de Comblat, unifie les seigneuries. |
Origine et histoire
Le château de Vixouze, mentionné dès 930 comme villa Vidditiosa dans une donation à l'abbaye de Conques, devient un château fort au XIIIe siècle avec un donjon rectangulaire entouré d'une enceinte. Endommagé pendant les guerres franco-anglaises, il est partiellement reconstruit à la fin du XVe siècle, puis transformé en pavillon au XVIIe. Son architecture mêle ainsi des éléments défensifs médiévaux (porte haute du donjon, murs d'enceinte) et des ajouts Renaissance, comme la tour d'escalier hors-œuvre ou la chapelle voûtée en berceau du XVIIe siècle.
La seigneurie de Vixouze passe entre les mains de plusieurs familles nobles : les Vixouze (du XIIIe au XVe siècle), marquées par des chevaliers comme Guy ou Hector, puis les Brunenc de Vixouze, qui acquièrent aussi le château de Comblat au XVe siècle. Au XVIIe siècle, les Pagès de Vixouze, reprenant les armoiries originelles (d'argent à une coquille de sable), modernisent le domaine. François-Xavier Pagès, seigneur révolutionnaire, en est un propriétaire emblématique avant que le château ne passe aux Dessauret d'Auliac, puis aux Costes en 1913.
Le site, inscrit aux monuments historiques en 2000 pour sa totalité (donjon, enceintes, tourelles, chapelle et dépendances), illustre l'évolution architecturale des châteaux auvergnats. La fontaine d'entrée (XIXe siècle), le four à pain en berceau brisé ou la grange-étable datée de 1613 et 1777 témoignent de son adaptation aux besoins domestiques. Racheté en 1990 par l'artiste André Léonard, le château est restauré et ouvert à des événements culturels avant d'être acquis en 2013 par la famille Pilicer-Moncorger, actuelle propriétaire.
L'histoire de Vixouze est aussi celle de ses alliances stratégiques : en 1400, Hélène de Vixouze épouse Robert de Brunenc, unissant les fief à une lignée proche du troubadour Hugues de Brunenc. Plus tard, Louise de Comblat apporte le domaine à Blaise Pagès, lieutenant criminel d'Aurillac, dont les descendants, comme Antoine Pagès (subdélégué de l'intendant d'Auvergne), marquent l'histoire locale. Les archives révèlent aussi des détails architecturaux disparus, comme le toit à lanternon du portail ou l'accès primitif du donjon par une porte haute.
Le château reflète les mutations sociales de la Haute-Auvergne : d'abord place forte médiévale contrôlée par des vicomtes de Carlat, il devient une résidence seigneuriale aux XVIe–XVIIe siècles, puis un bien patrimonial transmise par héritages et mariages. Les inscriptions sur les murs (1719 pour le mur de clôture) et les dates gravées (1613, 1777 sur la grange) soulignent cette continuité. Aujourd'hui, sa préservation et ses animations culturelles perpétuent ce lien entre histoire et territoire.