Origine et histoire du Château de Vizille
Le château de Vizille, construit au début du XVIIe siècle par François de Bonne, 1er duc de Lesdiguières et dernier connétable de France, est un symbole de l’architecture dauphinoise. Le domaine, agrandi à partir de 1600 sous la direction des architectes Pierre La Cuisse et Guillaume Le Moyne, inclut un parc à la française avec un grand canal de 800 mètres, des parterres, et une statue d’Hercule. Le château passe entre les mains de six ducs de Lesdiguières successifs, puis des ducs de Villeroy, avant d’être vendu en 1780 à Claude Perier, industriel et partisan des idées révolutionnaires.
En 1788, le château devient un lieu clé de la Révolution française en accueillant l’assemblée des états généraux du Dauphiné, interdite à Grenoble. Cette réunion, suivant la journée des Tuiles, marque un tournant politique. Le domaine, transformé en manufacture textile sous Perier, est partiellement détruit par des incendies au XIXe siècle, notamment la salle du jeu de paume et la galerie des batailles, témoins de l’assemblée de 1788. Après plusieurs changements de propriétaires, dont la famille Casimir-Perier, l’État acquiert le château en 1924 pour en faire un lieu de mémoire républicaine.
Classé monument historique dès 1862, le domaine est cédé au département de l’Isère en 1973. Depuis 1983, il abrite le musée de la Révolution française, attirant plus de 800 000 visiteurs annuels. Le parc, redessiné au XIXe siècle à l’anglaise, est labellisé 'jardin remarquable' et accueille une biennale d’art contemporain depuis 2011. Le site, riche en biodiversité, comprend aussi un parc animalier et des œuvres paysagères éphémères, tout en conservant des archives familiales des Perier aux Archives départementales de l’Isère.
Le château est également lié à des légendes locales, comme celle du mur d’enceinte construit en une nuit par le diable, ainsi qu’à des événements culturels, tels que le tournage de scènes du film L’Aigle à deux têtes de Jean Cocteau en 1948. Aujourd’hui, le domaine allie patrimoine historique, muséographie et espaces naturels, tout en restant un symbole des valeurs républicaines.