Origine et histoire
Le Château de Wailly, situé à Conty dans le département de la Somme, entre dans la famille d'Hallewyn en 1506 par le mariage de Jeanne Mauchevalier avec Jean d'Hallewyn. La seigneurie reste dans cette lignée jusqu'au XVIIe siècle, avec des figures comme Louis d'Hallewyn (mort en 1555) et Antoine d'Hallewyn, bailli d'Amiens (mort en 1608). Charles Maximilien d'Hallewyn, gouverneur de Rue, puis son fils Alexandre, capitaine des gardes de Gaston d'Orléans, marquent l'apogée de la famille. Ce dernier est crédité de la reconstruction du château vers 1629, dont l'architecture en « U » et les écussons armoriés témoignent encore aujourd'hui.
La seigneurie passe en 1668 à la famille de Croÿ par le mariage de Marie-Joséphine d'Haluin avec Ferdinand François Joseph de Croÿ. Au XVIIIe siècle, Joseph Anne Maximilien de Croÿ, duc d'Havré, entreprend des travaux d'embellissement, dont une avenue nord et un hémicycle néo-classique, interrompus par la Révolution. Le château, saisi et vendu comme bien national, est partiellement détruit. Les de Croÿ le récupèrent à leur retour d'émigration mais l'utilisent comme rendez-vous de chasse, les ruines servant de cadre à leur vie dans les communs.
Au XIXe siècle, après un incendie en 1895, l'aile ouest est restaurée. En 1919, le domaine est vendu au baron de l’Épine. Un nouvel incendie en 1922 détruit l'aile restante, restaurée par l'architecte Pierre Parent, qui lui donne son aspect actuel : un corps de logis mansardé flanqué de pavillons. Pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1944, le général Montgomery y installe son quartier général. Aujourd'hui, ce château privé, réduit au tiers de sa taille originelle, conserve des traces de son passé fastueux, comme les jardins à la française et les dépendances en pierre.
Le château actuel, en brique et pierre, ne représente qu'une partie de l'édifice d'origine, dont le plan en « U » et les communs rappellent l'importance passée. Les matériaux de restauration proviennent des ruines, et une partie des lieux est aujourd'hui louée pour des réceptions. L'hémicycle néo-classique et l'allée d'accès, bien que partiellement en ruines, témoignent des ambitions architecturales du XVIIIe siècle. La chapelle et les écussons armoriés de 1629 rappellent les périodes de splendeur sous les Hallewyn et les Croÿ.
La Terreur révolutionnaire marque un tournant dans l'histoire du château, avec sa destruction partielle et sa transformation en bien national. Malgré les restaurations successives, notamment après les incendies de 1895 et 1922, le château ne retrouvera jamais son faste d'antan. Son occupation par Montgomery en 1944 ajoute une page militaire à son histoire, contrastant avec son usage actuel de résidence privée et de lieu d'événements.