Origine et histoire du Château de Walbach
Le château de Walbach, mentionné pour la première fois en 1336 sous le nom de Burgerlin (« petit château »), appartenait initialement à la famille des Girsberg, qui possédait aussi une partie du village et le château voisin du Gigersbourg. En 1410, Jean-Guillaume de Girsberg cède le domaine aux Ribeaupierre, déjà propriétaires de l’autre moitié de Walbach. Ce château, plus modeste que le Gigersbourg, servait probablement de résidence secondaire ou de poste de surveillance dans la vallée.
Au début du XVIe siècle, le château passe aux mains des Walbach, vassaux des Ribeaupierre, qui entreprennent d’importants travaux : construction de la tourelle d’escalier et remaniement des ouvertures (fenêtres à meneaux, linteaux sculptés de coquilles, typiques de la Renaissance). À l’extinction des Walbach en 1559, le domaine retourne aux Ribeaupierre. Au milieu du XVIIIe siècle, faute d’entretien, le château se dégrade profondément. Les Deux-Ponts-Birkenfeld, héritiers des Ribeaupierre, lancent une restauration majeure entre 1763 et 1771, comme en témoignent les dates gravées sur les portes de la cour. Un incendie détruit cependant la grange en 1775, peu après ces travaux.
La Révolution française laisse le château inhabité jusqu’en 1800, date à laquelle il est racheté par la famille Martin. En 1898, Joseph Martin, alors maire de Walbach, le revend au fermier Hippolyte Blaise, dont les descendants en restent propriétaires jusqu’aux années 1960. Endommagé pendant la Seconde Guerre mondiale (batterie d’artillerie voisine), le château est finalement classé monument historique en 1946. Son architecture mêle aujourd’hui un logis quadrangulaire à trois étages, des éléments défensifs du XVe siècle, et des décors intérieurs du XVIIIe (poêles en faïence inspirés des stalles de Guebwiller).
Le site se distingue par sa cour fermée, son escalier en vis à noyau, et ses fenêtres à banquettes en grès. Les armes martelées sur le fronton et les portes datées rappellent les bouleversements politiques (Révolution, changements de propriété) qui ont marqué son histoire. Malgré les destructions partielles, il reste un témoignage des liens féodaux en Alsace entre familles nobles (Girsberg, Ribeaupierre) et vassaux locaux, ainsi que des adaptations architecturales sur six siècles.