Origine et histoire du Château de Wasselonne
Le château de Wasselonne, situé dans le Bas-Rhin, est mentionné pour la première fois au XIVe siècle, bien que sa construction remonte probablement au XIIIe. Développé comme une puissante forteresse, il comptait 27 tours et servait de siège au bailliage de Wasselonne. Ses pierres, extraites des carrières de grès rose du Kronthal, furent aussi utilisées pour la cathédrale de Strasbourg. Ce château devint l’une des places fortes les plus importantes de Basse-Alsace au XVe siècle.
En 1448, pendant la Guerre de Wasselonne (1446-1448), la forteresse fut assiégée et incendiée par les troupes strasbourgeoises après avoir été prise par le comte de Fénétrange et Walther von Dahn. Reconstruit rapidement, il fut vendu en 1496 à la ville de Strasbourg pour 7 000 florins, avec l’accord de l’empereur Maximilien Ier. Le château comportait alors trois enceintes circulaires, des fossés secs et une tour centrale carrée, ancien clocher d’église transformé en tour de guet.
Au XVIe siècle, Wasselonne adopta la Réforme protestante en 1525, et le château devint un refuge pour des réformateurs comme Edmund Grindal, futur primat d’Angleterre. Pendant la Guerre des évêques (1592-1604), il fut occupé par les troupes du cardinal de Lorraine. Au XVIIe siècle, après la Guerre de Trente Ans, l’Alsace fut rattachée à la France, et le château, disputé entre Turenne et les Brandebourg, fut partiellement détruit en 1674 lors de la Guerre de Hollande. Les ruines ne furent jamais reconstruites.
Aujourd’hui, il ne subsiste du château que la porte d’entrée surmontée d’une tour carrée (1789), une tour ronde (ancien donjon), des vestiges des remparts, et la demeure du bailli, transformée en salle prévôtale. La tour carrée, dotée d’une cloche de 1818 et d’un mécanisme d’horlogerie de 1881, domine la place du Général Leclerc. Les fouilles archéologiques de 1950 ont révélé des sarcophages mérovingiens, attestant d’une occupation ancienne du site.
Classé Monument Historique en 1931 et 1932, le château de Wasselonne témoigne de l’histoire mouvementée de l’Alsace, entre conflits féodaux, réformes religieuses et intégration au royaume de France. Ses ruines, intégrées au tissu urbain, rappellent son rôle stratégique et son architecture défensive remarquable, aujourd’hui partiellement préservée grâce à des gravures du XVIIe siècle.