Origine et histoire du Château de Wendel
Le château d'Hayange, souvent appelé à tort « château de Wendel », est un monument emblématique de la ville de Hayange, en Moselle. Bien que son appellation courante fasse référence à la famille Wendel, qui l’a occupé pendant près de trois siècles, ce nom est historiquement incorrect. Le domaine actuel résulte de multiples reconstructions, notamment après les destructions de 1521 et 1642, avec des éléments datant du XIIIe siècle. En 1704, Jean-Martin Wendel acquiert les forges voisines et entreprend la reconstruction du château entre 1704 et 1720, y ajoutant une chapelle en 1727. Ce site, intimement lié au développement sidérurgique local, devient le cœur d’un empire industriel.
Au XIXe siècle, le château est restauré et modifié par Humbert de Wendel (1876-1954), avec des démolitions partielles en 1935 et une reconstruction dans un style néoclassique. Une aile imposante, le « Bureau Central » (souvent confondu avec les « Grands Bureaux »), est édifiée à la fin du XIXe et agrandie en 1920. Abandonné à partir de 1979, le corps central est détruit en 2007 pour raisons de sécurité. Depuis 2015, une réhabilitation partielle a permis d’y installer le siège de la communauté d’agglomération du Val de Fensch, avec un nouveau bâtiment en acier et verre reliant les ailes historiques.
Plusieurs éléments du domaine sont protégés depuis 1987, dont le colombier de 1763, les grilles d’enceinte et le grand portail. Le colombier et les grilles ont fait l’objet d’un projet de restauration dans le cadre du Loto du Patrimoine en 2018. En revanche, le « Bureau Central », bien qu’inscrit aux Monuments Historiques, reste en état de dégradation avancée, sans projet de restauration à ce jour. Le site illustre ainsi les défis de la préservation d’un patrimoine à la fois industriel, résidentiel et historique.
La famille Wendel, dynaste sidérurgique, a marqué l’histoire du château et de la région pendant près de 300 ans. Leur influence se reflète dans l’architecture du domaine, mêlant fonctions résidentielles, religieuses (chapelle Sainte-Trinité) et administratives (bureaux centraux). L’empreinte industrielle est visible dans la proximité immédiate des forges, soulignant le lien entre pouvoir économique et patrimoine bâti. Aujourd’hui, le site incarne à la fois la mémoire de la révolution industrielle lorraine et les enjeux contemporains de reconversion patrimoniale.