Frise chronologique
1307
Construction initiale
Construction initiale
1307 (≈ 1307)
Donjon cédé par les Bolanden à Frédéric de Kirberg.
1308
Rachat par les Lichtenberg
Rachat par les Lichtenberg
1308 (≈ 1308)
Jean Ier de Lichtenberg acquiert château et village.
vers 1330
Première enceinte fortifiée
Première enceinte fortifiée
vers 1330 (≈ 1330)
Tour médiévale et fortifications urbaines érigées.
1554-1555
Reconstruction Renaissance
Reconstruction Renaissance
1554-1555 (≈ 1555)
Aile principale construite par Jacques de Deux-Ponts-Bitche.
1668
Restauration post-incendie
Restauration post-incendie
1668 (≈ 1668)
Comtesse Dorothée-Diane répare les dégâts.
1925
Restauration néo-Renaissance
Restauration néo-Renaissance
1925 (≈ 1925)
Maurice Trautmann modernise l’édifice.
5 avril 2002
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
5 avril 2002 (≈ 2002)
Protection partielle du château et dépendances.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château : donjon, en totalité, avec escalier d'accès en vis ; aile principale (nord-est) : façades, toitures et escalier extérieur ; à l'intérieur : escalier en vis et oriel, en totalité ; plafonds lambrisssés et stuqués ; aile secondaire (nord-ouest) : façades et toiture ; à l'intérieur, escalier à balustres. Petite dépendance : façades et toiture. Ancien cellier, 10, rue du Moulin : façades et toiture (cad. 3 24, 25, 29, 206/24, 217) : inscription par arrêté du 5 avril 2002
Personnages clés
| Jean Ier de Lichtenberg - Seigneur et acquéreur |
Rachète château et village en 1308. |
| Jacques de Deux-Ponts-Bitche - Reconstructeur Renaissance |
Commande l’aile principale en 1554-1555. |
| Dorothée-Diane de Hanau-Lichtenberg - Restauratrice post-guerre |
Répare le château après l’incendie de 1668. |
| Maurice Trautmann - Mécène du XXe siècle |
Finance la restauration néo-Renaissance en 1925. |
Origine et histoire
Le château de Wœrth, situé dans le parc naturel régional des Vosges du Nord, trouve ses origines au début du XIVe siècle. En 1307, les Bolanden, ministériels, cèdent le château à Frédéric de Kirberg avant qu’il ne soit racheté dès 1308 par Jean Ier de Lichtenberg, neveu des évêques de Strasbourg. Une première enceinte fortifiée, incluant la tour médiévale encore visible, est construite vers 1330 pour protéger l’entrée de la ville. Le château, mentionné dans des partages familiaux en 1335 et 1360, subit des destructions lors de guerres avant d’être reconstruit en 1555 par Jacques Ier de Deux-Ponts-Bitche, marquant une transition vers le style Renaissance.
Au XVIe siècle, le château est profondément remanié : l’aile principale, datée de 1554-1555, intègre des éléments Renaissance comme un oriel sculpté aux armes de Jacques de Deux-Ponts-Bitche et de son épouse Catherine de Honstein. Une aile secondaire, légèrement antérieure, conserve un décor gothique. Le site inclut aussi des celliers (10 rue du Moulin), construits au milieu du XVIe siècle. Après la guerre de Trente Ans, la comtesse Dorothée-Diane restaure le château en 1668 suite à un incendie. Au XVIIIe siècle, il passe aux mains des Hesse-Darmstadt avant d’être vendu comme bien national pendant la Révolution.
Au XXe siècle, Maurice Trautmann entreprend en 1925 une restauration néo-Renaissance, ajoutant un escalier extérieur et agrandissant le bâtiment. Les anciens celliers deviennent une auberge de jeunesse. Depuis 1977, la ville de Wœrth en est propriétaire et y installe la mairie, des services sociaux, et le Musée de la bataille du 6 août 1870. Le château, partiellement classé Monument Historique en 2002, illustre ainsi près de sept siècles d’histoire alsacienne, entre conflits, reconstructions et adaptations architecturales.
Le donjon médiéval, en moellons de grès avec chaînes d’angle à bossages, conserve une porte en arc brisé caractéristique. Les ailes des XVIe et XXe siècles mêlent façades crépies, fenêtres à meneaux, et éléments néo-Renaissance. L’ensemble, situé 2-10 rue du Moulin, témoigne des évolutions stylistiques et fonctionnelles du site, aujourd’hui dédié à la mémoire locale et au patrimoine.