Origine et histoire
Le château des Allues est une maison forte du XVIe siècle, édifiée en 1557 par Odouar de Lescheraines, sénateur au Sénat de Savoie. Simple et austère, elle reflète l’architecture défensive de l’époque, avec des murs épais et des meurtrières. Située en combe de Savoie, elle surplombe la vallée de l’Isère et le vignoble de Saint-Jean-de-la-Porte, dans un cadre naturel marqué par la chaîne de Belledonne.
La construction s’est déroulée en trois phases : un bâtiment rectangulaire initial (1557), une extension en L avec corps de ferme défensif, puis une fermeture du L au XVIIIe siècle, ajoutant une tour est et un escalier monumental. La charpente, reconstruite au XVIIe siècle en chêne massif, est un chef-d’œuvre de compagnonnage. Le domaine inclut aussi une chapelle, un moulin et un lavoir, témoignant de son activité viticole historique.
Propriété de la famille de Lescheraines jusqu’au XVIIIe siècle, le château passe ensuite aux Dunoyer puis aux Certeau de la Barge. Au XIXe siècle, il devient une exploitation viticole, intégrée aujourd’hui à la zone des vins de Savoie. Le parc, avec ses 1 500 variétés végétales et son potager primé, est ouvert au public et accueille des artistes en résidence.
Le nom Allues évoque une zone franche médiévale, où le seigneur devait fournir du travail à ses sujets en échange d’exemptions fiscales. Ce statut reflète l’organisation sociale savoyarde, où noblesse de robe et activités agricoles coexistaient. La maison forte, bien que modeste, illustre le rôle défensif et économique des seigneuries locales.
Restauré en 2004, le château conserve ses éléments originaux : tours transformées, toiture à deux pans (signe de richesse en Savoie), et une cave voûtée. Son histoire mêle ainsi patrimoine architectural, viticulture et vie seigneuriale, dans un paysage préservé entre montagnes et vignobles.
Aujourd’hui, le domaine allie préservation historique et dynamisme culturel, avec des expositions, du land-art et un circuit de randonnée dédié. Les jardins, accessibles librement, perpétuent une tradition d’agriculture durable, couronnée par le 1er prix de la SNHF en 2011.