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Château des archevêques de Tours à Candes-Saint-Martin en Indre-et-Loire

Patrimoine classé Patrimoine défensif Patrimoine religieux Château

Château des archevêques de Tours

  • 3 Rue Saint-Maurice
  • 37500 Candes-Saint-Martin
Crédit photo : Joël Thibault - Sous licence Creative Commons
Propriété privée
37500 Candes-Saint-Martin, 3 Rue Saint-Maurice

Frise chronologique

Bas Moyen Âge
Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
1446
Procès des gardes écossais
1485–1520
Construction du château actuel
1682
Abandon pour le château neuf
1857–1924
Occupation par la gendarmerie
1971
Classement monument historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Les façades et toitures du château ; la façade avec galerie de la partie Ouest des communs et la toiture correspondante ; le portail d'entrée (cad. B 142) : inscription par arrêté du 11 octobre 1971

Personnages clés

Robert de Lenoncourt - Archevêque de Tours (1484–1509) Commanditaire du château actuel en 1485.
Martin de Beaune - Archevêque de Tours (début XVIe siècle) Acheva la construction vers 1520.
Michel Amelot de Gournay - Archevêque de Tours (fin XVIIe siècle) Abandonna le château en 1682.
Charles VII - Roi de France Séjournait au château ; procès de 1446.
Louis XI (alors dauphin) - Futur roi de France Impliqué dans le complot de 1446.

Origine et histoire du Château des archevêques de Tours

Le château des archevêques de Tours, aussi appelé château vieux de Candes, est un ancien logis épiscopal situé à Candes-Saint-Martin, en Indre-et-Loire. Construit à partir de 1485 sur l’ordre de l’archevêque Robert de Lenoncourt, il remplace un château-fort médiéval ruiné pendant la guerre de Cent Ans. Ce site stratégique, en bord de Loire et de Vienne, abritait déjà une résidence d’été pour les archevêques, liée à la mort de saint Martin en ces lieux. Le nouveau château, achevé vers 1520 sous Martin de Beaune, combine des éléments défensifs (tour octogonale, enceintes) et des décors Renaissance, comme en témoignent les blasons sculptés.

Le château servit de cadre à des événements politiques majeurs, dont le procès en 1446 des gardes écossais de Charles VII, accusés de complot sous l’instigation du dauphin Louis (futur Louis XI). Plusieurs rois de France, comme Charles VII, Louis XI (alors dauphin) et Charles VIII, y séjournèrent. Au XVIIe siècle, l’archevêque Michel Amelot de Gournay y renonce en 1682 au profit d’un château neuf, plus moderne. Désaffecté, le vieux château abritera une gendarmerie de 1857 à 1924.

L’architecture actuelle mêle des vestiges du XVe siècle (lucarnes à meneaux, charpente en carène renversée) et des remaniements postérieurs. La tour d’escalier octogonale, ornée des armes de Lenoncourt et Beaune, date de la construction initiale (1485–1520). Le portail d’entrée en plein cintre, encadré de pilastres, et les communs (anciennes cellules de gendarmerie) complètent l’ensemble. Le site, partiellement protégé depuis 1971, domine le bourg depuis une terrasse à 60 m d’altitude, offrant une vue sur le confluent Loire-Vienne.

Le château primitif, aujourd’hui disparu sauf une aile intégrée, était un symbole du pouvoir épiscopal en Touraine. Sa position près de la collégiale et des anciennes murailles de Candes en faisait un lieu à la fois défensif et représentatif. La tour l’Enfant, indépendante du logis, et la galerie couverte à l’arrière (avec sa rampe de pierre et ses piliers de bois) illustrent les ajouts des XVIe et XVIIe siècles. Le déclin du site au XVIIIe siècle contraste avec son rôle passé d’hôte des élites religieuses et royales.

Classé monument historique en 1971 pour ses façades, toitures, portail et galerie des communs, le château des archevêques de Tours incarne l’évolution des résidences épiscopales entre Moyen Âge et époque moderne. Son histoire reflète aussi les tensions politiques de la France médiévale, entre pouvoir royal (séjours des Valois) et autorité ecclésiastique (résidence des archevêques). Aujourd’hui, il reste un témoignage architectural majeur de la Touraine, lié à la mémoire de saint Martin et à l’histoire de la Loire.

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