Origine et histoire
Le château des Changheas est une maison forte édifiée au XVIe siècle sur le plateau du Lignon, à Saint-Jeures en Haute-Loire. Ce type de construction, à la fois habitat et lieu de défense, se caractérise par un corps de logis rectangulaire flanqué d’une tour d’angle et d’une tour-escalier en demi-hors-œuvre. Des meurtrières et une bretèche disparue témoignent de sa vocation défensive, tandis que les aménagements intérieurs (voûtes, cheminées sculptées) reflètent son usage résidentiel.
Au XVIIe siècle, le domaine appartient à la famille de Véron, également propriétaire du château du Fort et des Croses à Saint-Jeures. En 1699, Gaspard du Fraix de Mans épouse l’héritière des Changheas, dernière descendante des Véron. Le château, transformé en exploitation agricole aux XIXe et XXe siècles, est inscrit aux Monuments Historiques en 1997. Sa restauration, entamée en 1985, a permis de préserver ses éléments architecturaux (charpente, couvertures, décors intérieurs).
Le site comprend, outre le logis, une grange-étable en moellons de granite et basalte, une cour avec fontaine-lavoir, et un jardin clos. La porte d’entrée, moulurée et datée du XVIIIe siècle, ainsi qu’une cheminée sculptée de feuillages au premier étage, comptent parmi les éléments remarquables. Aujourd’hui propriété privée, le château s’ouvre exceptionnellement lors des Journées du Patrimoine.
Les archives mentionnent le lieu dès 1021 (cartulaire de Chamalières) et 1323 (cartulaire de Tence), mais la construction actuelle date du XVIe siècle. En 1574, Jean des Cheangeas épouse Jeanne Bleyniert de Queyrières, marquant une étape clé dans l’histoire du domaine. Les violences locales au XVIIe siècle, évoquées dans les Cahiers de la Haute-Loire (2009), rappellent les tensions sociales de l’époque.
Architecturalement, le château illustre la transition entre maison forte médiévale et demeure seigneuriale de la Renaissance. Ses murs en moellons de granite, ses toitures en croupes, et ses ouvertures à meneaux (partiellement modifiées aux XVIIIe–XIXe siècles) en font un exemple représentatif du patrimoine rural auvergnat. La présence d’un écu non sculpté sur la porte souligne une volonté de prestige, typique des petites noblesse locales.