Origine et histoire du Château des Comtes du Roure
Le château des Comtes du Roure, situé à Barjac dans le Gard, est un monument composite construit principalement au XVIIe siècle, bien que ses origines remontent au Xe siècle. Il se compose de trois parties distinctes : une tour seigneuriale du Xe siècle, un donjon médiéval du XIIe siècle (le Castel Viel), et un logis Renaissance érigé entre 1634 et 1639 par Jacques de Grimoard de Beauvoir du Roure et son fils. Ce dernier bâtiment, de plan carré et réparti sur quatre niveaux, abritait des espaces dédiés à la famille, aux domestiques, et même une chapelle, avec une architecture marquée par de larges fenêtres à meneaux.
La tour seigneuriale, édifiée sur un rocher au lieu-dit Bargacum, fut surélevée en 1649 pour accueillir la cloche communale, toujours visible. Le Castel Viel, initialement une maison forte à trois niveaux, servit plus tard de prison et symbolisait la domination de la famille de Beauvoir du Roure sur la région. Autour de ce château, le village de Barjac se développa comme une bourgade stratégique sur la route reliant les monts d’Ardèche à la vallée du Rhône et à Aigues-Mortes. Les remparts entourant la cité, dont subsistent des vestiges comme la porte basse, témoignent de cette importance médiévale.
Au XVIIe siècle, le nouveau logis fut relié aux bâtiments existants par des écuries et une galerie voûtée surmontée de jardins suspendus (effondrés au XXe siècle). Ce château resta propriété de la famille du Roure jusqu’en 1899, avant de devenir une école catholique gérée par l’évêché de Nîmes jusqu’en 2001. Depuis, la mairie de Barjac en a fait un pôle culturel : la mairie y est installée depuis 2008, et les anciennes écuries, cuisines et galeries abritent désormais une bibliothèque, un cinéma et une salle des fêtes. Le vieux donjon, restauré extérieurement, n’a pas été réhabilité en intérieur.
Le château est inscrit aux monuments historiques depuis 1993. Aujourd’hui, sa cour accueille des festivals estivaux comme Chanson de Parole et Barjac M’en Chante, perpétuant son rôle central dans la vie locale. Les espaces intérieurs, comme les salons où séjourna le Cardinal de Richelieu ou la chapelle familiale, rappellent son prestige passé, tandis que les jardins suspendus disparus évoquent son évolution architecturale.
Les sources mentionnent également des aménagements ultérieurs, comme les voûtes d’arêtes construites en 1777 pour abriter les archives familiales, ou la transformation de l’aile en galerie voûtée, autrefois dotée d’un théâtre et d’une chapelle. Malgré ces modifications, le château conserve des éléments originaux, tels que des plafonds à la française et des cheminées du XVIIe siècle, témoins de son histoire aristocratique.