Origine et histoire du Château des Ducs de Bourbon
Le château des ducs de Bourbon à Montluçon est un ancien château fort du XIIIe siècle, reconstruit à partir de 1370 sous Louis II de Bourbon en pleine guerre de Cent Ans. Il servait de place forte militaire et devint une résidence ducale au XVe siècle, reflétant l’évolution architecturale entre fonction défensive et confort aristocratique. Le site, occupé dès l’époque carolingienne, fut d’abord une forteresse construite en 1070 par Guillaume, fils d’Archambaud IV de Bourbon, sur un oppidum antique.
Occupé par les Anglais entre 1171 et 1188, le château fut restitué aux Bourbons par Philippe Auguste. Louis II de Bourbon (1356–1410) en fit un symbole de pouvoir, avec 41 tours et une double enceinte. Le grand logis, la tour carrée et la galerie à l’italienne datent des XVe et XVIe siècles, période où Charles VII et Louis XI y séjournèrent. Après 1523, le château fut abandonné suite à la défection du connétable Charles III de Bourbon, puis cédé à la ville en 1749.
Au XIXe siècle, le château subit des démolitions majeures pour devenir une caserne, un tribunal et une mairie. La restauration de 1930–1933, bien que partielle, reconstitua la galerie en bois et la charpente du logis, mais altéra certains éléments (lucarne gothique recouverte de ciment). La tour de l’horloge, érigée au XVe siècle comme beffroi urbain, domine toujours l’édifice. Classé monument historique en 1926, il abritera un musée avant de rouvrir en 2025 après 20 ans de fermeture.
Architecturalement, le château mêle traits militaires (donjon crénelé, remparts) et civils (logis voûté, cheminées monumentales). La salle du « Bon Duc » Louis II, avec sa voûte à ogives atypique, et la lucarne flamboyante illustrent ce dualisme. Les « souterrains » évoqués par la tradition sont en réalité des caves urbaines, mais des passages dérobés, utilisés par Louis XI en 1465, existaient bel et bien.
Propriété de la commune depuis 1816, le château a perdu ses chapelles (Saint-Bonnet et ducale) et sa maison du concierge. Aujourd’hui, il sert de réserve au MuPop (musée des musiques populaires) et préparera sa réouverture au public en 2025, après 18 mois de travaux visant à restaurer son authenticité tout en préservant les traces de ses multiples usages historiques.