Frise chronologique
1518
Mariage fondateur
Mariage fondateur
1518 (≈ 1518)
Union de Jean de Joyeuse et Françoise de Voisins.
1540-1550
Construction initiale
Construction initiale
1540-1550 (≈ 1545)
Château bâti par Jean de Joyeuse.
1577
Siège protestant
Siège protestant
1577 (≈ 1577)
Pillage par les protestants d’Alet.
1582
Cour de Guillaume
Cour de Guillaume
1582 (≈ 1582)
Guillaume de Joyeuse y tient une cour.
1592
Mort de Guillaume
Mort de Guillaume
1592 (≈ 1592)
Décès à Aubenas, abandon progressif.
1649
Vente du château
Vente du château
1649 (≈ 1649)
Acquis par Claude de Rebé.
1913
Classement historique
Classement historique
1913 (≈ 1913)
Château classé monument historique.
1928
Effondrement partiel
Effondrement partiel
1928 (≈ 1928)
Toiture s’effondre, ruine proche.
années 1970
Restauration récente
Restauration récente
années 1970 (≈ 1970)
Sauvegarde il y a cinquante ans.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château : classement par arrêté du 4 septembre 1913 ; Parcelles cadastrales situées au voisinage du château (cad. 30, 31) : classement par arrêté du 15 mai 1944
Personnages clés
| Jean de Joyeuse - Fondateur et commanditaire |
Initiateur de la construction (1540-1550). |
| Françoise de Voisins - Héritière des seigneurs |
Épouse de Jean de Joyeuse en 1518. |
| Guillaume de Joyeuse - Évêque et maréchal |
Poursuit les travaux, installe une cour. |
| Anne de Joyeuse - Fils aîné, duc |
Meurt à Coutras en 1587. |
| Claude de Rebé - Acquéreur en 1649 |
Neveu de l’archevêque de Narbonne. |
Origine et histoire
Le château des ducs de Joyeuse, situé à Couiza dans l’Aude, est construit entre 1540 et 1550 à l’initiative de Jean de Joyeuse, pair de France et gouverneur de Narbonne, après son mariage en 1518 avec Françoise de Voisins, dernière héritière des seigneurs locaux. Ce château Renaissance, marqué par une architecture à la fois militaire et raffinée, remplace un édifice médiéval antérieur. Son fils, Guillaume de Joyeuse, évêque d’Alet puis maréchal de France, poursuit les travaux mais subit en 1577 le pillage du château par les protestants.
En 1582, Guillaume de Joyeuse y installe une cour fastueuse, mais après sa mort en 1592, le château, inachevé, est délaissé par ses héritiers. En 1649, il est vendu à Claude de Rebé, neveu de l’archevêque de Narbonne, puis devient bien national pendant la Révolution. Transformé en hôpital militaire, gendarmerie et magasin de laine, il tombe en ruine jusqu’à sa restauration il y a une cinquantaine d’années. Classé monument historique en 1913, il abrite aujourd’hui un hôtel-restaurant.
Le château s’organise autour d’une cour rectangulaire flanquée de quatre tours circulaires, aux murs épais et percés de meurtrières. L’extérieur, austère et médiéval, contraste avec la cour intérieure, ornée de logis Renaissance en grès fin. Les fenêtres, grillagées et décorées d’étrésillons en croix latine, ainsi que les toits coniques en tuiles roses, reflètent l’architecture audoise. Malgré son état inachevé, il illustre la transition entre le Moyen Âge et la Renaissance.
La chapelle et l’entrée, de style François Ier, coexistent avec des éléments de style Henri II. Les caves, rendues inhabitables par les inondations de l’Aude, et l’absence de décoration intérieure témoignent de son abandon précoce. Le portique d’entrée, orné de colonnes doriques et de modillons, devait initialement supporter une loggia. Après des siècles de négligence, sa restauration récente a permis de préserver ce patrimoine emblématique du Languedoc.