Origine et histoire du Château des Ducs de Mortemart
Le château des Ducs de Mortemart trouve ses origines au Xe siècle, lorsque le seigneur Abon Drut édifia une forteresse en pierre en 995 après avoir défendu Bellac contre Guillaume le Grand, comte de Poitiers. Ce premier château, détruit au XIVe siècle par les Anglais, fut reconstruit sur un autre site avant d’être démantelé sur ordre de Louis XIII. Il resta en ruine jusqu’au début du XXe siècle, période à laquelle un descendant de la famille des ducs de Mortemart le racheta et entreprit sa restauration complète, incluant le rétablissement des douves.
La seigneurie de Mortemart, attestée avant l’an mil, passa en 1205 par mariage à la famille de Rochechouart, donnant naissance à une lignée influente. Parmi ses membres les plus célèbres figurent Françoise Athénaïs de Rochechouart, marquise de Montespan (favorite de Louis XIV), et Louis-Victor de Rochechouart, général des galères sous le Roi-Soleil. Le domaine fut érigé en marquisat au XVIIe siècle, puis en duché-pairie par Louis XIV vers 1650. Le château, classé monument historique en 1985, incarne aujourd’hui ce patrimoine aristocratique.
Le site actuel, organisé en quadrilatère, conserve des vestiges médiévaux comme une cave voûtée à sept voûtains et un mur épais de l’ancien château fort. Les douves, partiellement conservées à l’est et à l’ouest, étaient alimentées par un étang. Le château fut mis sous séquestre et vendu en 1791 pendant la Révolution, avant d’être racheté au XIXe siècle par la famille ducale. Son architecture mêle ainsi des éléments défensifs médiévaux et des aménagements plus récents, reflétant son évolution à travers les siècles.
Le village de Mortemart, développé autour de cette motte féodale, fut profondément marqué au XIVe siècle par le cardinal Pierre Gauvain, natif des lieux. Ce prélat fonda trois monastères (Augustins, Carmes, Chartreux), un hôtel-Dieu et un collège, transformant durablement le paysage urbain. Bien que les communautés religieuses aient disparu, leurs bâtiments, comme l’église des Augustins ou le couvent des Carmes, subsistent et contribuent au charme de ce village classé parmi Les Plus Beaux Villages de France.