Origine et histoire du Château des évêques de Montpellier
Le château des évêques de Montpellier, dit château de Lavérune, est un édifice religieux du XVIIIe siècle construit sur les vestiges d’une demeure du XVIe siècle, elle-même succédant à un château féodal du XIIe siècle. Situé à Lavérune en Occitanie, il est aujourd’hui l’un des plus grands parcs historiques de l’Hérault, avec une enceinte de 3,5 km et une surface de 40 hectares. Ses origines remontent à la famille Frézouls (Fredol), mentionnée dès le Xe siècle comme propriétaire du domaine, alors lié à l’évêché de Montpellier.
Au XVIe siècle, le domaine appartient aux Pelet, descendants des comtes de Melgueil, qui y accueillent Catherine de Médicis en 1579 lors d’une épidémie de peste. En 1622, le château devient le quartier général de Louis XIII pendant le siège de Montpellier. Vendu en 1626 à Daniel de Gallières, un noble protestant, il subit des aménagements hydrauliques, dont un « grand vivier » alimenté par la source des Abymes. Le domaine passe ensuite entre les mains de l’Église : Monseigneur de Pradel (1692-1696) transforme les jardins, portant le parc à 24 hectares, avant que Monseigneur de Croissy (1696-1738), neveu de Colbert, n’en fasse une résidence somptueuse de 44 hectares.
Monseigneur de Croissy agrandit le château avec l’architecte Charles Daviler, ajoutant une aile et une chapelle en marbre, avant que les travaux ne soient repris par Estienne Giral en 1723. Son successeur, Monseigneur de Villeneuve (1754-1766), modernise le système hydraulique et décore le salon de musique de gypseries à la mode Louis XV, orné d’instruments, d’angelots et de trophées. Le domaine, saisi comme bien du clergé en 1789, est vendu à Jean-Jacques Brunet, qui y expérimente l’arboriculture (cèdres du Liban, magnolias) avant son abandon au XIXe siècle.
Au XXe siècle, le château appartient à Louis Petit, qui remplace une partie des arbres par des vignes. Rachété par la mairie de Lavérune en 1972, il abrite depuis 1992 le musée Hofer-Bury, créé grâce à la donation d’une collection privée d’art régional. Le salon de musique, restauré en 2012 pour 470 000 €, accueille désormais concerts et expositions. Classé Monument Historique (façades, salon de musique, porte fortifiée), le site est aussi remarquable pour son système hydraulique et sa canopée de platanes, visibles à des kilomètres.
Le parc, réhabilité sous contrôle de la DRAC dans les années 2000, conserve des éléments des XVIIe et XVIIIe siècles : allées, parterres à la française, et un puits à roue alimentant les fontaines. Les architectes Jacques Desfour et Claude Projet ont redessiné les façades et l’escalier d’honneur au XVIIIe siècle. Aujourd’hui, le château allie patrimoine historique et vie culturelle, avec des visites lors des Journées du patrimoine et des animations festives.