Frise chronologique
1214
Donation initiale
Donation initiale
1214 (≈ 1214)
Bertrand de Jean reçoit la terre de Canourgues.
1368
Destruction pendant la guerre de Cent Ans
Destruction pendant la guerre de Cent Ans
1368 (≈ 1368)
Siège et démolition par les troupes françaises.
vers 1500
Reconstruction Renaissance
Reconstruction Renaissance
vers 1500 (≈ 1500)
Nouveau corps de logis et tours rondes.
1608
Passage aux Touchebœuf-Beaumont
Passage aux Touchebœuf-Beaumont
1608 (≈ 1608)
Acquisition par alliance matrimoniale.
1793
Ordre de destruction révolutionnaire
Ordre de destruction révolutionnaire
1793 (≈ 1793)
Archives brûlées (non exécuté).
1925
Classement monument historique
Classement monument historique
1925 (≈ 1925)
Inscription officielle par l’État.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Château : inscription par arrêté du 21 octobre 1925
Personnages clés
| Bertrand de Jean - Marchand et seigneur fondateur |
Premier propriétaire en 1214. |
| Jean du Pré - Poète et seigneur Renaissance |
Amenage le château après 1526. |
| Antoine de Morlhon - Procureur général du parlement |
Seigneur des Junies en 1477. |
| Jean-François de Touchebœuf-Beaumont - Comte des Junies au XVIIIe |
Ajoute décors Louis XV vers 1750. |
| Marguerite de Touchebœuf-Beaumont - Dernière propriétaire avant 1815 |
Rachète le château en 1794. |
| Madame Barberet - Restauratrice en 1921 |
Sauve le château de la ruine. |
Origine et histoire
Le château des Junies trouve ses origines en 1214, lorsque Guillaume de Cardaillac, évêque de Cahors, offre la terre de Canourgues à Bertrand de Jean, un marchand cadurcien enrichi dans le négoce et la banque. Cette donation, liée à la croisade des Albigeois, marque le début de la seigneurie des Junies, dont le nom évolue à partir de Joanies. La famille de Jean, intégrée à la noblesse locale grâce à sa fortune, développe le domaine jusqu’à sa destruction partielle pendant la guerre de Cent Ans. En 1368, le château, occupé par des troupes anglaises, est assiégé et démoli sur ordre du roi de France.
Au XVe siècle, la seigneurie passe entre les mains des familles Morlhon et du Pré. Antoine de Morlhon, procureur général du parlement de Toulouse, puis son descendant Jean du Pré, poète et compagnon d’armes de François Ier, marquent cette période. Le château est reconstruit vers 1500 dans un style Renaissance, avec des fenêtres à meneaux et des tours rondes. Les Touchebœuf-Beaumont, qui acquièrent la seigneurie en 1608, y apportent des aménagements intérieurs au XVIIIe siècle, comme des gypseries et boiseries Louis XV. La Révolution française épargne le château malgré un ordre de destruction des archives en 1793.
Racheté en 1794 par Marguerite de Touchebœuf-Beaumont, le château se dégrade avant d’être restauré en 1921 par la famille Barberet, actuelle propriétaire. Classé monument historique en 1925, il conserve des traces de ses transformations successives : soubassements médiévaux, éléments Renaissance et décors du XVIIIe siècle. Son plan rectangulaire, flanqué de trois tours, témoigne de son évolution d’une forteresse à une résidence aristocratique.
L’histoire du château est étroitement liée aux conflits régionaux, comme la guerre de Cent Ans ou les guerres de Religion, ainsi qu’à l’ascension sociale de familles marchandes devenues nobles. Les de Jean, puis les Touchebœuf-Beaumont, illustrent cette mobilité, tandis que les aménagements architecturaux reflètent les goûts de chaque époque, du Moyen Âge à la Renaissance et à l’époque moderne.