Frise chronologique
1214
Donation initiale
Donation initiale
1214 (≈ 1214)
Terre offerte à Bertrand de Jean par l'évêque de Cahors.
1368
Destruction partielle
Destruction partielle
1368 (≈ 1368)
Siège et démolition pendant la guerre de Cent Ans.
vers 1500
Reconstruction
Reconstruction
vers 1500 (≈ 1500)
Travaux attribués aux Morlhon ou à leur descendance.
1526
Vente à Jehan du Pré
Vente à Jehan du Pré
1526 (≈ 1526)
Ajout de fenêtres à meneaux par le nouveau seigneur.
1793
Ordre de destruction non exécuté
Ordre de destruction non exécuté
1793 (≈ 1793)
Archives brûlées, château épargné.
1925
Classement monument historique
Classement monument historique
1925 (≈ 1925)
Protection officielle du patrimoine.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Bertrand de Jean - Premier seigneur des Junies |
Marchand enrichi, donataire de la terre en 1214. |
| Benoît II de Jean - Seigneur et chevalier |
Obtient la haute justice en 1325. |
| Jehan du Pré - Seigneur et poète |
Acheteur en 1526, ami de François Ier. |
| Antoine de Morlhon - Procureur général |
Reconstructeur potentiel vers 1500. |
| Jean-François de Touchebœuf-Beaumont - Comte des Junies |
Commanditaire des gypseries Louis XV. |
| Marguerite de Touchebœuf-Beaumont - Dernière propriétaire noble |
Rachat du château en 1794. |
Origine et histoire
Le château des Junies trouve ses origines au début du XIIIe siècle, lorsque Guillaume de Cardaillac, évêque de Cahors, offre en 1214 la terre de Canourgues à Bertrand de Jean, un marchand enrichi par le commerce et la banque. Cette donation, liée à la croisade des Albigeois, marque le début de la seigneurie des Junies, dont le nom évolue à partir de Joanies. La famille de Jean, intégrée à la noblesse locale grâce à sa fortune, développe le domaine jusqu’à sa destruction partielle en 1368, lors de la guerre de Cent Ans, après avoir soutenu le parti anglais.
Au XVe siècle, la seigneurie passe aux mains de la famille de Morlhon, dont Antoine de Morlhon, procureur général du parlement de Toulouse, contribue à la reconstruction du château vers 1500. Les décorations des fenêtres, similaires à celles de Cahors, suggèrent cette période de rénovation. Le château change ensuite de propriétaires, notamment via le mariage de Jeanne de Morlhon avec Guillaume de Roderel, puis sa vente en 1526 à Jehan du Pré, poète et compagnon d’armes de François Ier. Ce dernier ajoute des aménagements comme des fenêtres à meneaux.
La famille de Touchebœuf-Beaumont acquiert la seigneurie en 1608 et la conserve jusqu’à la Révolution. Malgré un ordre de destruction en 1793 (non exécuté), Marguerite de Touchebœuf-Beaumont rachète le château en 1794. Après des siècles de déclin, il est restauré en 1921 par la famille Barberet et classé monument historique en 1925. Son architecture actuelle, marquée par des tours rondes et des éléments Renaissance, reflète ces multiples transformations.
Le château illustre les luttes de pouvoir locales, entre fidélité au roi de France et alliances anglaises, ainsi que l’ascension sociale de familles marchandes. Les gypseries et boiseries du XVIIIe siècle, attribuées à Jean-François de Touchebœuf-Beaumont, témoignent de son apogée aristocratique avant la Révolution. Les archives brûlées en 1793 limitent cependant la connaissance précise de certaines périodes.
Aujourd’hui, le château des Junies reste un exemple remarquable de l’évolution architecturale et sociale du Quercy, depuis le Moyen Âge jusqu’à l’époque moderne, avec des traces visibles des reconstructions successives et des influences stylistiques variées.