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Château des marquis à Pompignan dans le Tarn-et-Garonne

Patrimoine classé Patrimoine défensif Demeure seigneuriale Château

Château des marquis

  • Le Bourg 
  • 82170 Pompignan
Château des marquis
Château des marquis
Château des marquis
Château des marquis
82170 Pompignan, Le Bourg 

Frise chronologique

Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1700
1800
1900
2000
1745
Début de la construction
1757
Mariage du marquis
1763
Élévation en marquisat
1780
Achèvement du parc
1833
Vente du château
1951
Classement Monument Historique
1990
Acquisition actuelle
2011
Projet TGV controversé
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Personnages clés

Jean-Jacques Lefranc, marquis de Pompignan - Commanditaire et concepteur Poète et magistrat, bâtisseur du château.
Jean-Georges-Louis-Marie Lefranc - Héritier et dernier marquis résident Vendit le domaine en 1833.
Adrien Hébrard - Propriétaire au XIXe siècle Restructura le parc et détruisit des follies.
John Stuart Mill - Visiteur illustre en 1820 Philosophe anglais, utilisa la bibliothèque.
Gaston Virebent - Artisan du XIXe siècle Créa la salle à manger en céramique.
Dominicaines de l'Immaculée Conception - Propriétaires (1928–1987) Transformèrent le château en couvent.

Origine et histoire du Château des marquis

Le Château de Pompignan, construit au milieu du XVIIIe siècle (vers 1745-1780) par Jean-Jacques Lefranc, premier marquis de Pompignan, incarne l’architecture néoclassique sobre, inspirée du Petit Trianon mais moins ornée. Élevé sur une terrasse surplombant le village, il domine la vallée de la Garonne et intègre des éléments paysagers novateurs pour l’époque, comme un parc à fabriques mêlant nature et architectures symboliques (temples, obélisques, ponts gothiques). Ce parc, conçu comme un jardin anglais pittoresque, reflète les influences littéraires et philosophiques du marquis, ami des Lumières malgré ses positions anti-encyclopédistes.

Le château, classé Monument Historique depuis 1951 pour ses façades et son mur d’enceinte, a connu plusieurs vies : résidence aristocratique jusqu’au XIXe siècle, puis propriété de l’industriel Adrien Hébrard qui restructura le parc (détruisant une partie des follies), avant de devenir un couvent pour aveugles au XXe siècle. Aujourd’hui, il abrite la plus grande collection privée française d’instruments à clavier, exposée dans un musée en cours d’aménagement. Son église désacralisée, transformée en salle de concert de 200 places, accueille des compétitions internationales de piano.

Le parc, autrefois étendu sur 35 hectares, était un chef-d’œuvre de jardin paysager avec des fabriques évoquant l’Antiquité (temple gaulois, tombeau égyptien), la mythologie (mont Parnasse) ou la mélancolie (ermitage, colonne funéraire). Seul le tombeau égyptien subsiste intact ; d’autres éléments, comme le pont gothique ou la maison de Jeanne, ont disparu. En 2011, le projet de TGV Bordeaux-Toulouse a menacé le parc, avec un tracé prévoyant un tunnel sous la vallée, malgré l’opposition locale. Le château reste un témoignage rare de l’alliance entre architecture, littérature et paysage au siècle des Lumières.

Jean-Jacques Lefranc (1709–1784), poète et magistrat, conçut le château comme une retraite intellectuelle, y composant des œuvres inspirées par le parc. Son fils, Jean-Georges, hérita du domaine mais le vendit en 1833, marquant le début de son déclin. Au XIXe siècle, l’écrivain John Stuart Mill y séjournait, louant la bibliothèque mais omettant de décrire le parc, alors déjà en partie négligé. Les religieuses dominicaines, propriétaires de 1928 à 1987, adaptèrent les lieux à leur mission éducative, avant que le château ne devienne une propriété privée en 1990.

L’architecture du château, en brique rose toulousaine et enduits gris, joue sur les contrastes de couleurs et les jeux de lumière. Orienté pour profiter des vues sur la Garonne et les Pyrénées, il combine symétrie classique (plan rectangulaire de 18x50 m) et éléments pittoresques, comme une baie semi-circulaire abritant autrefois un théâtre. Les dépendances, dont une hôtellerie et une orangerie, complètent l’ensemble, tandis que la terrasse, ceinte d’un mur de soutènement classé, offre un panorama préservé.

Le parc, conçu comme une œuvre totale, illustre la transition des jardins à la française vers le modèle anglais, avec des perspectives théâtrales et des fabriques narratives. Lefranc s’inspira de ses voyages (comme à Fontaine-de-Vaucluse) et de sa jeunesse au Château de Cayx, où il avait aménagé un belvédère. Le carnet de 1802, série de dessins anonymes, documente huit follies, dont certaines (comme l’ermitage ou la colonne à l’enfant pleurant) ont aujourd’hui disparu ou sont en ruines. Le parc, bien que réduit, reste un exemple rare de jardin philosophique du XVIIIe siècle.

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