Frise chronologique
1489
Construction initiale
Construction initiale
1489 (≈ 1489)
Bâti pour François de Caumont et son épouse.
XIXe siècle
Abandon et vente
Abandon et vente
XIXe siècle (≈ 1865)
Devenu bien national après la Révolution.
1900
Restauration néo-gothique
Restauration néo-gothique
1900 (≈ 1900)
Rachat par Charles-Auguste Delbret-Claverie après incendie.
1937-1968
Ère Joséphine Baker
Ère Joséphine Baker
1937-1968 (≈ 1953)
Résidence et complexe touristique *Village du Monde*.
2009
Classement total
Classement total
2009 (≈ 2009)
Château, parc et dépendances protégés.
2013
Label *Maisons des Illustres*
Label *Maisons des Illustres*
2013 (≈ 2013)
Reconnaissance du ministère de la Culture.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le château, le chai et les anciennes écuries ainsi que l'ensemble du parc des Milandes, en totalité (cad. AB 192 à 194, 196) : inscription par arrêté du 7 décembre 2009
Personnages clés
| François de Caumont - Seigneur et commanditaire |
Fait construire le château en 1489. |
| Jacques Nompar de Caumont - Noble et militaire |
Proche d’Henri IV, séjourne souvent aux Milandes. |
| Charles-Auguste Delbret-Claverie - Industriel et restaurateur |
Rachète et modernise le château en 1900. |
| Henri Lafillée - Architecte en chef |
Dirige la restauration néo-gothique au XIXe siècle. |
| Joséphine Baker - Artiste et propriétaire |
Transforme le château en complexe touristique (1937-1968). |
| Jo Bouillon - Mari de Joséphine Baker |
Co-achète le château en 1947. |
Origine et histoire
Le château des Milandes fut construit en 1489 par François de Caumont pour son épouse, Claude de Cardaillac, afin d’offrir une demeure moins austère que le château voisin de Castelnaud. Le bâtiment, typique du Moyen Âge tardif, conserve des éléments défensifs comme des tourelles et des gargouilles, tout en intégrant des fenêtres à meneaux et des vitraux pour plus de luminosité. Jacques Nompar de Caumont, proche d’Henri IV, y séjourna fréquemment. Le château devint un symbole de raffinement pour la famille de Caumont, seigneurs protestantes de la région.
À la Révolution, le château est abandonné et vendu comme bien national. En 1900, après un incendie, l’industriel Charles-Auguste Delbret-Claverie le rachète et entreprend une restauration ambitieuse sous la direction de l’architecte Henri Lafillée. Des éléments néo-gothiques et néo-Renaissance sont ajoutés (tours, balcons, sculptures allégoriques), ainsi qu’un jardin à la française conçu par Jules Vacherot en 1908. Une chapelle du XVIe siècle, classée monument historique en 1926, réintègre le domaine en 2018 après une erreur cadastrale. Les fresques et une crypte y sont découvertes.
En 1937, Joséphine Baker loue le château avant de l’acheter en 1947 avec son mari Jo Bouillon. Elle y installe le confort moderne (électricité, chauffage central) et l’embellit avec des sols en mosaïque et une salle de bains dorée, inspirée du flacon Arpège. Le domaine devient un complexe touristique avant-gardiste, le Village du Monde, accueillant des artistes comme Dalida ou Luis Mariano. Baker y vit avec ses douze enfants adoptés, sa tribu arc-en-ciel, symbolisant sa lutte contre le racisme. Endettée, elle perd le château en 1968 malgré le soutien de personnalités comme Brigitte Bardot ou Fidel Castro.
Après Baker, quatre familles se succèdent comme propriétaires. En 1986, les façades et toitures sont classées monuments historiques, suivies en 2009 par une inscription totale du château, de son parc et de ses dépendances. Depuis 2001, une exposition lui est consacrée, et des spectacles de rapaces y sont organisés annuellement. En 2013, le château obtient le label Maisons des Illustres, soulignant son lien avec Joséphine Baker. Avec 200 000 visiteurs en 2022, il est le cinquième site touristique de Dordogne.