Frise chronologique
1289
Construction du château
Construction du château
1289 (≈ 1289)
Début des travaux, premières traces en 1290.
1290
Premières traces écrites
Premières traces écrites
1290 (≈ 1290)
Preuves documentaires de l’édification.
1304
Nomination de Raymond Hugues de Tarnac
Nomination de Raymond Hugues de Tarnac
1304 (≈ 1304)
Premier châtelain et bailli connu.
1323–1324
Guerre de Saint-Sardos
Guerre de Saint-Sardos
1323–1324 (≈ 1324)
Renforcement par le roi d’Angleterre.
1346–1352
Changements de main pendant la guerre de Cent Ans
Changements de main pendant la guerre de Cent Ans
1346–1352 (≈ 1349)
Passage français (1346), anglais (1348), français (1352).
1346–1360
Changements de mains pendant la guerre de Cent Ans
Changements de mains pendant la guerre de Cent Ans
1346–1360 (≈ 1353)
Passage entre Français et Anglais.
1432
Prise par Naudonnet de Lustrac
Prise par Naudonnet de Lustrac
1432 (≈ 1432)
Contrôle par un baron de l’Agenais.
1476
Don à Jean de Sermet
Don à Jean de Sermet
1476 (≈ 1476)
Fondation d’une dynastie seigneuriale stable.
1789
Incendie pendant la Révolution
Incendie pendant la Révolution
1789 (≈ 1789)
Destruction partielle du château.
1936
Achat par Jean Mermoz
Achat par Jean Mermoz
1936 (≈ 1936)
Rachat par l’aviateur célèbre.
2003
Classement monument historique
Classement monument historique
2003 (≈ 2003)
Protection officielle du site.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Le château en totalité, avec l'ensemble de son terrain d'assiette et son fossé (cad. H 51, 50, 677) : classement par arrêté du 17 septembre 2003
Personnages clés
| Édouard Ier Plantagenêt - Roi d’Angleterre et duc d’Aquitaine |
Commanditaire initial du château (vers 1289). |
| Raymond Hugues de Tarnac - Châtelain et bailli |
Premier châtelain nommé en 1304. |
| Evrard de la Roche - Capitaine français |
Contrôle le château en 1346. |
| Bertrand de Durfort - Seigneur anglais |
Bénéficiaire de la cession en 1348. |
| Hugues de Blanquefort - Capitaine français |
Reprend le château en 1352. |
| Naudonnet de Lustrac - Baron de l’Agenais |
Prend le contrôle en 1432. |
| Jean de Sermet - Seigneur et gouverneur |
Fonde une dynastie en 1476. |
| Jean Mermoz - Aviateur et propriétaire |
Achète le château en 1936. |
Origine et histoire
Le château des Rois-Ducs de Sauveterre-la-Lémance est une forteresse médiévale construite entre 1289 et le début du XIVe siècle sur ordre d’Édouard Ier Plantagenêt, roi d’Angleterre et duc d’Aquitaine, pour défendre l’est de l’Agenais face au Quercy français. Érigé sur un éperon rocheux à 119 mètres d’altitude, il surplombe les vallées de la Lémance et du Sendroux, offrant une position stratégique majeure. Les premières traces écrites datent de 1290, et les travaux, initialement prévus avant 1289, furent ralentis par la guerre de Guyenne. Le site combine une haute cour pentagonale flanquée de trois tours (dont un donjon hexagonal) et une basse-cour protégée par un fossé taillé dans la roche, illustrant une conception défensive archaïque pour l’époque.
Le château joue un rôle clé dans les conflits franco-anglais. En 1304, Raymond Hugues de Tarnac devient le premier châtelain nommé par l’administration royale, marquant une phase de stabilisation. Pendant la guerre de Saint-Sardos (1323–1324), la forteresse est renforcée par les Anglais, puis change plusieurs fois de main durant la guerre de Cent Ans : française en 1346 sous Evrard de la Roche, anglaise en 1348 quand Édouard III la cède à Bertrand de Durfort, avant d’être reprise par Hugues de Blanquefort pour la France en 1352. Après le traité de Brétigny (1360), elle redevient anglaise jusqu’à sa prise définitive par les Français en 1432, sous Charles VII. Le site est alors confié à Naudonnet de Lustrac, puis à Jean de Sermet en 1476, dont la famille s’y installe durablement.
L’architecture reflète son évolution militaire et résidentielle. Le donjon hexagonal (13 m de diamètre, murs de 3,5 m d’épaisseur) domine l’ensemble, relié à deux tours secondaires par des courtines percées d’archères cruciformes. La basse-cour, protégée par un fossé de 24 m de large et 6,5 m de profondeur, abrite une porte fortifiée. Les logements seigneuriaux, reconstruits aux XVe–XVIe siècles, témoignent d’une adaptation à un usage moins strictement défensif. Le château, classé Monument Historique en 2003, conserve des éléments médiévaux majeurs malgré les destructions révolutionnaires (incendie en 1789) et son acquisition en 1936 par l’aviateur Jean Mermoz.
Les systèmes défensifs incluent 21 meurtrières de types variés (cruciformes simples, doubles, ou en rame inversée), reflétant des adaptations techniques. La tour Ouest, surélevée postérieurement, et la tour Nord, partiellement effondrée, illustrent les modifications subies au fil des siècles. Une citerne et un puits assuraient l’autonomie en eau, tandis que les latrines en encorbellement et les cheminées révèlent un souci de confort pour l’époque. Le site, bien que privé, reste un exemple emblématique des châteaux-frontières de la Nouvelle-Aquitaine, marqué par les rivalités entre Plantagenêts et Capétiens.
Devenir actuel
Il fut acheté par l'aviateur Jean Mermoz en 1936, un an avant sa mort.