Origine et histoire
Le château des Tours-Saint-Laurent, aussi appelé château de Saint-Laurent-les-Tours, est une forteresse médiévale édifiée sur une butte stratégique surplombant la vallée de la Bave et la ville de Saint-Céré, dans l’actuelle région Occitanie. Ses origines remontent à l’Antiquité romaine, comme en témoignent des fouilles archéologiques ayant révélé des armes et monnaies datant du règne de l’empereur Auguste. Un premier édifice médiéval est construit au VIIe siècle par le seigneur Serenus, qui donne son nom au village voisin, Sanctus Serenus, futur Saint-Céré.
À partir de 901, le château passe sous la tutelle des vicomtes de Turenne pour huit siècles. En 1178, Raimon II de Turenne érige la « petite tour », un donjon roman de 28 mètres, symbole de son pouvoir. Le site, disputé pendant la guerre de Cent Ans, est occupé par les Anglais entre 1384 et 1390 avant d’être repris par Guillaume Roger de Beaufort, qui construit en 1390 la « grande tour » de 35 mètres. Les guerres de Religion marquent aussi son histoire : pris par les protestants en 1575, il est repris en 1586 par le duc de Mayenne.
En 1738, Louis XV s’en empare définitivement, mettant fin à l’ère des vicomtes de Turenne. Le château, en ruines, change plusieurs fois de mains avant d’être rénové en 1895 par Lafon du Verdier, qui y construit un manoir néo-médiéval. Pendant la Seconde Guerre mondiale, ses tours abritent Radio Quercy, une station clandestine de la Résistance (1944). En 1966, l’artiste Jean Lurçat, séduit par le site, y installe son atelier, aujourd’hui transformé en musée labellisé Maisons des Illustres.
Classé monument historique dès 1889, le château conserve deux donjons emblématiques (XIIe et XIVe siècles), des remparts et un manoir abritant les œuvres de Lurçat. Ses vestiges, restaurés au XXIe siècle, témoignent de son rôle militaire, politique et culturel, du Moyen Âge à la Résistance.
Le site est aujourd’hui géré par le département du Lot. La « grande tour », culminant à 500 mètres d’altitude, offre un panorama sur la vallée, tandis que l’atelier-musée expose tapisseries, peintures et céramiques de Jean Lurçat, perpétuant son héritage artistique.