Origine et histoire du Château des Tours-Saint-Laurent
Le château des Tours-Saint-Laurent, aussi appelé château de Saint-Céré, est une forteresse médiévale édifiée sur un piton rocheux dominant la vallée de la Bave, près de Saint-Céré, dans l’actuelle région Occitanie. Ses origines remontent à l’Antiquité romaine, comme en témoignent des vestiges archéologiques (armes, monnaies) datés du règne d’Auguste. Au VIIe siècle, un premier édifice est construit par le seigneur Serenus, donnant naissance au village de Sanctus Serenus, ancêtre de Saint-Laurent-les-Tours. La forteresse devient un enjeu stratégique, contrôlé pendant huit siècles par les vicomtes de Turenne, avant de passer sous domination royale en 1738.
Au XIIe siècle, le vicomte Raimon II de Turenne érige la « petite tour » (1178), symbole de son pouvoir dans le sud de la vicomté. Le château, tour à tour possession française ou anglaise pendant la guerre de Cent Ans, est renforcé au XIVe siècle par la « grande tour » (1390), construite après le départ des Anglais. Les guerres de Religion (XVIe siècle) voient le site passer aux mains des protestants avant d’être repris par les catholiques. Au XIXe siècle, le manoir médiéval, en ruines, est reconstruit dans un style néo-médiéval par Lafon du Verdier (1895).
Pendant la Seconde Guerre mondiale, les tours abritent Radio Quercy, une station clandestine de la Résistance (1944), diffusant des informations dans un rayon de 60 km sans être détectée. En 1943, le peintre Jean Lurçat acquiert le site et y installe son atelier, transformant le logis en un lieu artistique unique, orné de tapisseries, peintures et céramiques. Après sa mort (1966), sa veuve Simone Lurçat cède le château au département du Lot (1986), sous condition de préserver les œuvres. Classé Monument Historique dès 1889, le site abrite aujourd’hui l’atelier-musée Jean Lurçat, labellisé Maisons des Illustres.
Architecturalement, le château se compose de deux donjons carrés : la « petite tour » (28 m, XIIIe siècle), aux murs épais et contreforts plats, et la « grande tour » (35 m, XVe siècle), dotée d’une chapelle et de mâchicoulis. Le logis, reconstruit au XIXe siècle, conserve des vestiges médiévaux, tandis que les remparts, renforcés pendant les guerres de Religion, encerclent l’ensemble. Les fouilles et restaurations (notamment en 2011-2012) ont permis de mettre en valeur ce patrimoine, témoin de l’histoire militaire, politique et artistique du Quercy.