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Château Dillon à Blanquefort en Gironde

Château Dillon

  • 25 Rue Michel de Montaigne
  • 33290 Blanquefort
Château Dillon
Château Dillon
Château Dillon
Crédit photo : PA - Sous licence Creative Commons
Propriété de l'Etat
57 Rue Michel de Montaigne 33290 Blanquefort

Frise chronologique

Renaissance
Temps modernes
Révolution/Empire
XIXe siècle
Époque contemporaine
1600
1700
1800
1900
2000
1596
Première mention du domaine
1705
Construction du puits
1753
Arrivée de Robert Dillon
1792
Confiscation partielle
1829
Rachat par François Seignouret
1840
Construction des chais
1956
Vente à l'État
1984
Classement Monument Historique
Aujourd'hui
Aujourd'hui

Patrimoine classé

Le portail d'entrée avec sa grille ; puits ; façades et toitures du château ; l'escalier avec sa cage et sa rampe en fer forgé ; la cheminée dans la pièce n° 1 du rez-de-chaussée et pièce n° 5 au premier étage avec son décor de stucs (cad. A 547) : inscription par arrêté du 5 décembre 1984

Personnages clés

Henri de Laussade - Propriétaire médiéval Premier propriétaire connu du domaine Terrefort.
Robert Dillon - Négociant et propriétaire Acheteur irlandais naturalisé, donne son nom.
François Seignouret - Industriel et viticulteur Modernise le domaine et lance la marque.
Marie-Thérèse Filippini - Dernière héritière Seignouret Vend le château à l'État en 1956.

Origine et histoire

Le Château Dillon trouve ses origines dans une maison forte médiévale, le château Terrefort, attestée dès 1596. À cette date, la veuve d’Henri de Laussade achète des vignes, probablement de cépages blancs, alors dominants en Médoc. Le château actuel est construit à la fin du XVIIe siècle, comme en témoigne le puits daté de 1705. Ce site, situé à Blanquefort, devient un domaine viticole sous l’impulsion de propriétaires successifs, marquant le paysage du Haut-Médoc.

En 1753, le négociant irlandais Robert Dillon, naturalisé français, acquiert le domaine après s’être installé à Bordeaux pour reprendre les affaires de son frère décédé. Sa réussite bancaire lui permet d’acheter le château Terrefort, qu’il rebaptisera plus tard. À sa mort en 1764, ses héritiers, touchés par la Révolution, voient une partie du domaine confisquée en 1792. L’un de ses fils parvient à le reconstituer en rachetant les parcelles jusqu’en 1806, avant que la propriété ne change plusieurs fois de mains.

En 1829, François Seignouret, un Bordelais enrichi en Louisiane dans l’ébénisterie de luxe, rachète le domaine. Il y fonde une société d’exportation de vins et transforme les ateliers en chais, créant la marque « Château Dillon ». En 1840, il fait construire des chais traditionnels, reconstruits après un incendie. À sa mort en 1852, sa veuve agrandit le vignoble, portant le domaine à 125 hectares en 1890, dont 52 dédiés à la vigne.

Le château reste dans la famille Seignouret jusqu’en 1956, date à laquelle Marie-Thérèse Filippini, arrière-petite-fille de François, le vend au Ministère de l’Agriculture. Depuis 1923, une partie des terres était louée à une école d’agriculture, devenue en 1963 le Lycée viticole de Blanquefort. Aujourd’hui, le site forme un EPLEFPA (établissement public local d’enseignement et de formation professionnelle agricole) et produit un vin AOC Haut-Médoc, certifié ISO 14001 depuis 2004.

Le château, inscrit aux Monuments Historiques en 1984, conserve des éléments remarquables : un portail d’entrée avec sa grille, un puits daté de 1705, des façades et toitures protégées, ainsi qu’un escalier en fer forgé du XVIIIe siècle. Les décors intérieurs, comme une cheminée sculptée de petits personnages et d’instruments de musique, témoignent de son riche passé architectural.

L’exploitation viticole s’étend sur 40 hectares de graves et argilo-calcaire, plantés majoritairement de cabernet sauvignon (52 %) et de merlot (41 %). Avec une production annuelle de 250 000 bouteilles, le Château Dillon perpétue une tradition viticole liée à l’histoire franco-irlandaise et à l’innovation pédagogique.

Liens externes

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