Frise chronologique
1135
Fondation de la sauveté
Fondation de la sauveté
1135 (≈ 1135)
Charte accordant libertés aux habitants sous protection monastique.
vers 1185
Séjour supposé de Richard Cœur de Lion
Séjour supposé de Richard Cœur de Lion
vers 1185 (≈ 1185)
Construction attribuée de la *tour des Anglais*.
XIIIe siècle (2e moitié)
Achèvement du château
Achèvement du château
XIIIe siècle (2e moitié) (≈ 1350)
Construction aile ouest et tours par Bertrand de Montaigu.
1648
Destruction d’une tour
Destruction d’une tour
1648 (≈ 1648)
Modification partielle de la structure défensive.
1849
Démolition partielle pour la gendarmerie
Démolition partielle pour la gendarmerie
1849 (≈ 1849)
Disparition d’une tour et d’un corps de bâtiment.
1978
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
1978 (≈ 1978)
Protection des façades et toitures restantes.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Façades et toitures (cad. E 350, 351) : inscription par arrêté du 23 juin 1978
Personnages clés
| Richard Cœur de Lion - Roi d’Angleterre (1189-1199) |
Légende lui attribue la *tour des Anglais*. |
| Guillaume (abbé de Moissac) - Abbé cofondateur de la sauveté |
Signataire de la charte de 1135. |
| Bertrand de Montaigu - Abbé de Moissac (1260-1295) |
Commanditaire de l’aile ouest et des tours. |
| Aymeric de Peyrac - Chroniqueur médiéval |
Auteur de la *Chronique de Moissac* au XIVe siècle. |
Origine et histoire
Le château dit de Richard Cœur de Lion, situé à Saint-Nicolas-de-la-Grave dans le Tarn-et-Garonne, est mentionné pour la première fois dans une charte de 1135. À l’origine, il est construit par les moines de l’abbaye de Moissac sur un site stratégique, dominant la confluence de la Garonne et du Tarn. Ce lieu, disputé par les vicomtes de Lomagne, devient une sauveté en 1135, offrant liberté et protection à ses habitants sous l’autorité conjointe de l’abbé Guillaume, du vicomte Saxetus de Lomagne et de la vicomtesse Sybille d’Auvillar. Une charte additionnelle garantit la protection du bourg et de son château contre les envahisseurs, consolidant son rôle défensif et commercial avec un port fluvial actif.
Vers 1185, le roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion, lors de sa campagne en Quercy, aurait séjourné dans ce château et y aurait fait ériger la tour des Anglais, une tour avant renforçant les défenses. L’abbé Bertrand de Montaigu (1260-1295) achève la construction du château au XIIIe siècle, ajoutant l’aile ouest et deux tours carrées de 25 et 28 mètres de haut. Le bourg, ceint de remparts (aujourd’hui disparus), s’organise alors autour d’une place centrale, avec un plan rectangulaire de 440 mètres sur 200, traversé par un axe principal.
Au fil des siècles, le château subit des transformations majeures. Une tour est détruite en 1648, et en 1849, une partie sud du château (dont une tour et un corps de bâtiment) est démolie pour adapter les lieux à une caserne de gendarmerie. Les façades et toitures restantes sont inscrites aux Monuments Historiques en 1978. Aujourd’hui, le château abrite la mairie de Saint-Nicolas-de-la-Grave, conservant des éléments défensifs du XIIIe siècle, comme l’aile est et ses tours d’angle, malgré des aménagements ultérieurs ayant altéré son aspect originel.
Le site est aussi lié à des figures historiques locales, comme Aymeric de Peyrac, qui y rédigea au XIVe siècle sa Chronique de Moissac. La légende de Richard Cœur de Lion, bien que non attestée par des sources contemporaines, persiste dans la tradition orale, associant le château à l’époque des conflits anglo-français en Aquitaine. Son architecture mêle ainsi héritage médiéval, adaptations Renaissance et modifications du XIXe siècle, reflétant son évolution depuis forteresse monastique jusqu’à bâtiment administratif.
La commune de Saint-Nicolas-de-la-Grave, située à un carrefour entre Gascogne, Guyenne et Quercy, tire une partie de son identité de ce château. Son histoire est aussi marquée par son port fluvial, aujourd’hui disparu avec le retrait des eaux de la Garonne, et par son rôle de sauveté, modèle d’organisation urbaine médiévale sous protection ecclésiastique. Les vestiges du château, intégrés au tissu urbain, rappellent cette période où moines, vicomtes et rois se disputaient l’influence sur ce territoire stratégique.