Origine et histoire du Château du Schlossberg
Le Schlossberg est un château fort du XIIIe siècle, aujourd’hui en ruines, situé sur la commune de Kaysersberg dans le Haut-Rhin. Construit vers 1210-1220 par Frédéric II de Hohenstaufen, il servait à contrôler un passage stratégique vers la Lorraine. Son donjon circulaire, parmi les premiers de ce type dans la vallée du Rhin, et son enceinte triangulaire reflètent une conception défensive innovante pour l’époque. Le site fut acquis en 1227 des sires de Horbourg et de Ribeaupierre, puis modernisé au XVe siècle pour s’adapter aux armes à feu.
L’enceinte, construite dans le premier tiers du XIIIe siècle, reliait le château au système fortifié de la ville. Le donjon, épais de 4,42 m, était conçu pour une défense à la fois passive et active, tandis que les logis principaux s’adossaient à la courtine est. Après un incendie, l’enceinte fut surélevée de 4 m au XIVe siècle. Le château, abandonné à la fin du XVIe siècle, fut vendu comme bien national en 1796 et partiellement transformé en vignoble.
Classé Monument Historique dès 1841 pour ses ruines, le château a bénéficié de restaurations en 1999 par des bénévoles. Ses vestiges, incluant des canonnières et un chemin de ronde couvert, témoignent de son évolution militaire. L’enceinte reliant le château à la ville a été inscrite en 1995. Aujourd’hui propriété communale, le site offre un panorama sur Kaysersberg et son histoire impériale.
Le château joua un rôle clé dans la stratégie impériale germanique, verrouillant les passages transvosgiens. Son architecture, avec un donjon enchemisé dans une courtine en bec, permettait une circulation continue des défenseurs. Les fouilles archéologiques ont confirmé son abandon progressif après le XVIe siècle, marqué par des transformations agricoles (vignes) au XVIIIe siècle.
Les matériaux utilisés, comme le granit et la grauwacke locaux, ainsi que les ambranles en grès, illustrent les ressources disponibles en Alsace médiévale. Le site, à 295 m d’altitude, domine la ville de 50 m, soulignant son importance tactique. Les créneaux et merlons, partiellement restitués, rappellent les adaptations défensives successives, notamment face à l’artillerie naissante.