Origine et histoire du Château du Bois de la Roche
Le château du Bois de la Roche se situe immédiatement au sud du hameau du Bois-de-la-Roche et dépend administrativement de la commune de Néant-sur-Yvel, alors que le hameau est majoritairement sur le territoire de Mauron. Il domine l'Yvel depuis une éminence, à environ 3,3 km au nord du centre-bourg de Néant-sur-Yvel.
La forteresse a été construite à la fin du XVe siècle sur un plan en V dont subsiste aujourd'hui une aile, remaniée entre le XVIIe et le XIXe siècle. À l'origine, elle était flanquée de neuf tours, entourée de murailles et de douves profondes avec un pont-levis au nord; la tour du châtelet, une partie du châtelet nord et le mur de courtine sont d'origine. La seigneurie du Bois-de-la-Roche s'étendait sur plusieurs paroisses et possédait de nombreux droits seigneuriaux — haute justice avec auditoire et prisons, fourches patibulaires, four et halles — ainsi que le droit d'enfeu dans l'église de Béant, des moulins, quatre métairies et 600 hectares de terres. Châtellenie d'ancienneté relevant du comté de Porhoët, la seigneurie fut élevée successivement en bannière, en vicomté puis en comté au profit des familles de Montauban et de Volvire. Le nouveau château, reconstruit à la fin du XVe siècle par Philippe de Montauban près de l'ancien site de Saint-Guisnel, formait une masse imposante sur la colline, avec tours à créneaux et machicoulis. En 1592, la forteresse fut prise par les Ligueurs; elle resta entre leurs mains plusieurs années, ses archives furent détruites et ses bois pillés. L'aile nord fut remaniée au XVIIe siècle. En 1793, une partie du château fut incendiée lors d'un combat entre Chouans et Républicains, puis des éléments furent en partie démantelés par les Républicains pour empêcher son usage par les insurgés. La chapelle, dédiée à sainte Anne, devint l'église paroissiale en 1846. Le domaine appartint longtemps à la Maison du Breil et accueillit divers seigneurs et familles cités dans les archives, parmi lesquels les Montauban et les Volvire. Une hypothèse situe, dans les environs, l'emplacement de la bataille de Mauron, épisode de la guerre de Succession de Bretagne. Les interventions du deuxième quart du XIXe siècle constituent l'un des plus anciens programmes de remaniement de châteaux en Bretagne. Une restauration a été entreprise en 2015 sous la responsabilité de Nicolas Marceau.
La forteresse médiévale a perdu la configuration intégrale de son plan en V après la destruction de l'aile sud-est, mais l'ensemble conserve une disposition en patte d'oie. Parmi les tours antiques, seule subsiste la tour du châtelet; une seconde tour, à l'ouest, a été construite après la Révolution pour rétablir une symétrie. Du château du XVe siècle demeurent un corps de logis flanqué de deux tours cylindriques, des pavillons couverts en carène et une façade percée de treize fenêtres. Le domaine s'étend sur environ 110 hectares. Les façades et toitures du corps de logis, des communs attenants à l'ouest et des deux pavillons d'entrée, ainsi que la grille et les enceintes correspondant à l'emprise de l'ancienne forteresse, sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du 9 novembre 2001.