Origine et histoire du Château du Bois du Maine
Le château du Bois du Maine, situé sur la rive sud de la Mayenne à Rennes-en-Grenouilles, est attesté dès le XIe siècle, bien que ses parties les plus anciennes remontent probablement aux XIVe–XVe siècles. Le site, décrit en 1415 comme un « hébergement clos à douves », fut renforcé au fil des siècles, avec un corps de logis du XVIIe siècle masquant une structure médiévale plus ancienne. Ses défenses reposaient sur les inondations naturelles de la Mayenne, complétées par des canonnières, un pont-levis et des machicoulis sur la tour nord, seule partie clairement ancienne.
Le château joua un rôle stratégique pendant la guerre de Cent Ans : occupé par les Anglais dès 1356 lors de la chevauchée de Lancastre, il servit de base pour contrôler la région face aux Français retranchés au château de Lassay. Sa garnison, dirigée par Perrot Daigremont, ne l’évacua qu’en 1361 contre une rançon de 20 000 écus, avant de reprendre ses pillages aux côtés des Navarrais. Les sources mentionnent aussi son occupation par un certain Erneust, soldat anglais, en 1418, sous Jean de Lancastre.
Propriété successive des seigneurs d’Averton, des de Boulay (dès le XIIIe siècle), puis des du Raynier (XVIe siècle), le domaine fut divisé en Grand et Petit-Bois-de-Maine avant d’être réuni en 1619. Au XVIIe siècle, il conservait encore ses douves et éléments défensifs, malgré des restaurations ayant modernisé son apparence. Les caves voûtées, communiquant avec un caveau submergé accessible par une échelle, et une ancienne chapelle dans l’enclos, témoignent de son importance féodale.
La seigneurie, qualifiée de châtellenie au XVIIIe siècle sans en avoir les privilèges, relevait de la mouvance du Vieil-Averton. Elle incluait des droits de patronage sur l’église locale et abritait une forge au XVIIe siècle, exploitée par François de la Cigoigne. En 1583, Catherine de Chauvigné, protestante notoire, y installa un chapelain huguenot, illustrant les tensions religieuses de l’époque. Les façades et toitures furent inscrites aux monuments historiques en 1967.
L’édifice mêle ainsi des vestiges médiévaux (tour nord, caves, douves) à des aménagements des XVIe–XVIIe siècles, reflétant son évolution d’une forteresse féodale à une résidence seigneuriale. Son histoire, marquée par les conflits anglo-navarrais et les transformations architecturales, en fait un exemple caractéristique des manoirs mayennais, adaptés aux enjeux militaires et sociaux de leur temps.