Origine et histoire du Château du Bois Thibault
Le château du Bois Thibault, situé à Lassay-les-Châteaux (Mayenne), trouve ses origines dans un ancien fief féodal occupé dès le XIIIe siècle par la famille de Logé. Herbert de Logé, premier seigneur connu, épouse Catherine Monnier, fille du sénéchal de Juhel II de Mayenne. Le site, alors désigné sous le nom de Bois-Theobaldi, devient un enjeu de pouvoir entre les seigneurs de Lassay et ceux du Bois Thibault, comme en témoignent les procès de 1390 opposant Robert de Vendôme à Jean de Logé pour des questions de haute justice et de féodalité.
Abandonné lors de l’invasion anglaise vers 1425, le château est réoccupé par une compagnie écossaise au service de Charles VII, avant d’être repris par Jean II d’Alençon en raison de leurs exactions. Détruit après la guerre de Cent Ans, il est reconstruit en 1467 par Jean III du Bellay, qui en fait une place forte inspirée du château de Lassay, avec des tours à canonnières et des arbalétrières. Ce remaniement s’inscrit dans un contexte de rivalité persistante entre les seigneurs locaux, marqué par des conflits armés comme l’attaque repoussée d’Arnault de Beauville en 1590 pendant les guerres de Religion.
La chapelle Sainte-Catherine, fondée avant 1232 par Herbert de Logé et rebâtie au XVIe siècle, abrite le mausolée de Louis du Bellay, archidiacre de Paris. Pillée par les huguenots en 1590, elle bénéficie d’indulgences papales et conserve des tombes à croix de Malte. Le château, habité jusqu’en 1830, est partiellement ruiné mais ses vestiges (corps de logis, tours rondes, porche ogival) sont classés monument historique en 1925. Depuis 1988, la commune en est propriétaire et l’ouvre au public, tandis que des animations comme des chasses au trésor y sont organisées annuellement.
Le domaine, transmis au fil des siècles via des alliances (du Bellay, de Tournely), comprend au XVIIIe siècle un vieux château en ruine, des moulins et des terres en Normandie. Les archives mentionnent des conflits de succession, comme l’adjudication de 1762 à Léonard-François de Tournely pour 98 000 livres. Malgré les pillages révolutionnaires de 1789, une partie des archives (chartrier) est préservée. L’architecture mêle éléments défensifs (mâchicoulis, canonnières) et résidentiels (cheminée monumentale, salles voûtées), reflétant son évolution entre forteresse médiévale et demeure seigneuriale.
Les fouilles et études historiques (Abbé Angot, Adelstan de Beauchêne) soulignent l’importance stratégique du site, lié à la baronnie de Mayenne. Les caves, utilisées pour protéger les biens des paroisses lors des troubles de 1616, et l’escalier « montable à cheval » témoignent de son adaptation aux besoins militaires et domestiques. Aujourd’hui, l’association Bois-Thibault, passé et avenir œuvre à sa valorisation, tandis que les visites estivales permettent de découvrir ce patrimoine emblématique du Maine.